La vie n'est plus un long fleuve tranquille pour le botia, qui est menacé d'extinction depuis qu'il est la vedette des aquariums.
"Il faut agir vite. Le jour où le Chromobotia macracanthus disparaît de nos rivières, l'espèce aura cessé d'exister" prévient Agus Priyadi, qui travaille pour le Centre indonésien de Recherche pour l'Aquaculture, près de Jakarta en Indonésie.
Reconnaissable à ses trois bandes noires, le botia ou le loche-clown, n'existe à l'état sauvage qu'en Indonésie où il est endémique de quelques rivières des îles de Sumatra et Bornéo.
Sa pêche fait vivre de nombreuses familles mais...
Grâce à l'industrie mondiale des poissons d'ornement qui a explosé dans les années 1970-80, de nombreuses familles vivent de la pêche dite artisanale. Mais cette pêche menace sa survie à moins que les chercheurs ne réussissent à le produire dans des fermes aquacoles. Jusqu'à présent, sa reproduction en élevage était impossible contrairement à environ 80 % des espèces de poissons d'ornement qui sont sur le marché international.
Mais les dernières recherches permettent aux scientifiques d'espérer un prochain développement du cycle de production en captivité. "Nous sommes très optimistes. Nous produisons des larves et étudions leur développement et les éventuels problèmes qui peuvent survenir lors de production massive" précise Jacques Slembrouck, ingénieur à l'Institut français de Recherche pour le Développement.
L'objectif des chercheurs est de favoriser l'implantation de fermes aquacoles en Indonésie en transférant des techniques d'élevage simples et pas onéreuses. "Nos poissons ne sont nourris qu'avec des aliments naturels, comme des vers de terre ou de vase et des petits crustacés" souligne Jacques Slembrouck.
Le saviez-vous ?
"Il y a dix ans, on estimait à 20 millions le nombre de poissons pêchés. Maintenant, ce chiffre doit avoisiner les 50 millions" évalue la chercheyse Darti Satyani.