Le transport maritime, le tourisme mais aussi l'exploration perturbent l'environnement sonore des fonds marins et ces éléments nocifs affectent bien entendu ces habitants de la grande bleue ! Certaines espèces deviennent aveugles et d'autres comme les baleines bleues de l'Atlantique ou les bélougas de certaines régions du Canada, sont toujours à la recherche de leur taux de reproduction naturelle d'autrefois.
Ce constat est inquiétant pour certains scientifiques, qui appellent désormais à se battre contre l'"empreinte acoustique" de l'homme sur l'environnement...!
L'ouïe indispensable pour ces mammifères marins
Habitant à des profondeurs très importantes, les mammifères marins se servent de l'ouïe pour communiquer, se faire la cour, s'avertir d'un danger, scruter les fonds ou chasser en groupe. Mais des études montrent qu'"à cause de niveaux élevés de bruits, des endroits ont été désertés" par les rois des mers, indique Yvan Simard, spécialiste en acoustique marine à l'Institut des sciences de la mer de Rimouski (Canada). "Leur habitat acoustique est de plus en plus envahi par l'activité humaine" confirme Robert Michaud.
Quelle est la première source de nuisance ?
Il s'agit du trafic commercial, qui émet des basses fréquences détectables par les baleines bleues. Ensuite il y a les excursions touristiques en petits bateaux. Ces flottilles émettent des hautes fréquences qui correspondent aux sons entendus par les bélougas.
Il y a aussi les navires d'exploration pétrolière, qui sondent les couches sédimentaires à coup d'ondes sismiques, ainsi que les sonars utilisés par certains bâtiments militaires.
Quant aux sons d'origine humaine, notamment des sonars militaires, ils ont trompé certaines baleines ou dauphins, les faisant échouer, rappelle Stacy de Ruiter, de l'institut français Ifremer.
Haro sur les vieux "rafiots"
Face à ce phénomène, l'Organisation maritime internationale propose de réduire de moitié, d'ici 10 ans, la quantité de bruits introduits par la navigation. Pour cela, les chercheurs suggèrent notamment de remplacer les vieux "rafiots" par des navires modernes plus silencieux, ce qui permettrait, en plus, de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Les deux autres fléaux pour les mammifères marins sont la chasse à la baleine et le rejet de produits chimique hautement polluants. Le premier a été interdit à l'échelle internationale depuis plus de deux décennies. Concernant le second fléau, des réglementations sévères interdissent le déversement de produits chimiques.