Le thon rouge de l'Atlantique, qui a une chair très appréciée des amateurs de sushi, est victime de son succès et aujourd'hui cette espèce pourrait être inscrit comme espèce en danger à protéger.
Le plus grand des thons
Thunnus thynnus peut atteindre quatre mètres de long et se trouve dans les eaux tempérées de l'Equateur jusqu'au nord de la Norvège, et du Golfe du Mexique jusqu'à la Mer Noire.
Grand migrateur, il peut traverser l'Atlantique en 60 jours.
Doté d'une espérance de vie de 20 à 40 ans, il ne se reproduit que dans le Golfe du Mexique et en Méditerranée. C'est en Méditerranée que l'essentiel de la pêche a lieu (80 % des captures).
Un poisson cher et en voie de disparition
Sa chair est très appréciée en sashimi ou en sushi. En raison d'un prix élevé (jusqu'à 120.000 euros par poisson) il est quasiment réservé aux restaurants de luxe.
"Dans les poissonneries ou les sushi bars bon marché, on retrouve généralement du tropical de l'Océan indien, ou du patudo, dont la chair est aussi rouge" souligne Alain Fonteneau, chercheur à l'Institut de recherche pour le développement.
Surexploité, il est principalement exporté au Japon
De nos jours, les thons rouges sont pêchés principalement à la palangre (lignes d'hameçons) et à la senne, des nasses qui permettent de le capturer vivant pour l'engraisser dans des "fermes" ou cages flottantes, au large de l'Espagne, de Malte, de Chypre ou de la Sicile.
Selon des scientifiques, cette espèce a été surexploitée de 1957 à 2007. Les stocks ont d'ailleurs baissé de 75 %, et de plus de 60 % au cours des dix dernières années.
La France, suivie de l'Espagne et de l'Italie, sont les principaux pays pêcheurs qui totalisent à eux seuls 50 % des captures, exportées ensuite à prix d'or vers le Japon où finissent plus de 80% des prises, estime Alain Fonteneau.
CICTA/CITES
Pour 2010, la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA), qui rassemble les Etats pêcheurs, a ramené le quota autorisé à 13.500 tonnes. "Longtemps, la CICTA a miné sa crédibilité : les quotas n'étaient pas respectés" reconnaît Alain Fonteneau. "Désormais, les contrôles se font plus sérieusement et si le nouveau quota est respecté pendant plusieurs années, il n'y plus de justification scientifique à une interdiction du commerce international" par la CITES, l'organisation de l'ONU pour les espèces en danger.