La fonte des glaciers suisses a été plus rapide dans les années 1940... qu'aujourd'hui, ont constaté des scientifiques suisses. Selon ces derniers, ce paradoxe est attribué à l'impact du rayonnement solaire sur les glaciers alpins.
L'année 1947... fatale pour les glaciers
Selon leurs observations, trois glaciers étudiés depuis près d'un siècle ont fondu dans les années 1940, et plus particulièrement durant l'été 1947, à un rythme inégalé depuis le début des mesures. La moyenne des températures était pourtant inférieure à l'époque.
La fonte a atteint 4 % durant la période mais "ce paradoxe peut être assez aisément expliqué par les effets du rayonnement solaire" qui diminuent en fonction de la présence dans l'atmosphère de nuages ou d'aérosols (gaz et poussières) dus à la pollution ou à des causes naturelles (par exemple des éruptions volcaniques ou des tempêtes de sable tropicales), selon le chercheur de l'Institut zurichois, Matthias Huss.
Le réchauffement est une cause aussi importante
Avant cette annonce, les scientifiques estimaient que la fonte des glaciers alpins avait atteint ces dernières années des niveaux records. Mais ces constatations "ne doivent pas mener les gens à croire que la période actuelle de réchauffement global n'est en réalité pas un gros problème pour les glaciers" souligne Matthias Huss.
"Le réchauffement climatique va certainement causer dans les prochaines années une fonte qui va certainement dépasser celle des années 40" a déclaré Martin Funk, chef du service de glaciologie de l'institut zurichois.
Selon les données recueillies dans les Alpes suisses, le niveau de rayonnement solaire était dans les années 1940 de 8 % plus élevé que la moyenne sur le long terme et significativement supérieur à celui observé actuellement. Une période de rayonnement solaire inférieur (des années 1950 aux années 1980) a ainsi coïncidé avec une avancée des glaciers.
Cette étude fait partie d'une recherche plus large sur l'impact du réchauffement climatique dans les Alpes et le rôle du rayonnement solaire sur les modèles climatiques.
Cette étude permettra d'affiner les observations sur l'évolution des glaciers Alpins, "essentiellement dans un souci hydraulique car les compagnies hydro-électriques veulent savoir sur quelle quantité d'eau elles pourront compter" a déclaré Martin Funk