06 novembre 2009 -
15h30 :
Les araignées d'eau plutôt " fleur bleue "
[ NATURE - INSECTES ]

Des chercheurs américains affirment que les araignées d'eau femelles sont du genre « fleur bleue » ! Dans leurs relations sexuelles, elles sont plus attirées par les mâles doux que par ceux qui ont une libido surdéveloppée. Une précédente étude montrait pourtant que plus les mâles étaient agressifs sexuellement, plus ils avaient de chances de se reproduire, explique Omar Tonsi Eldakar, de l'Université d'Arizona (sud-ouest).

Une araignée d'eauComment les chercheurs ont-ils procédé ?

Durant ces recherches, les mâles ont été classés selon leur degré d'agressivité sexuelle. Les chercheurs ont placé différentes combinaisons de six mâles et six femelles à l'intérieur de six chambres séparées dans un réservoir d'eau. Observant chaque compartiment pendant au moins une heure, ces entomologistes ont fait le constat suivant : quand des mâles doux étaient présents en même temps que des mâles très agressifs, ces derniers monopolisaient sexuellement les femelles.
Quand les chercheurs ont ouvert les portes entre les différentes chambres, laissant à tous les insectes la liberté d'aller et venir, le scénario a changé. Les araignées d'eau femelles ont quitté les endroits où elles avaient été harcelées sexuellement pour se diriger dans les parties du réservoir d'eau où ne se trouvaient que des mâles non-agressifs.
 
Une araignée d'eauL'union fait la force

Dans les précédentes études, les araignées d'eau femelles ne pouvaient pas quitter les endroits occupés par des mâles sexuellement agressifs.
Ces observations confortent l'idée que la sélection naturelle agit simultanément sur les individus et les groupes. 
"Individuellement, des mâles moins agressifs obtiennent une plus petite part du gâteau mais un groupe de mâles doux obtient collectivement un plus gros morceau car ils ne font pas fuir les femelles ou les harcèlent tant qu'elles ne se reproduisent pas" explique le chercheur.
"L'interprétation naïve de l'évolution de Darwin consistant à penser que cette théorie favorise toujours les comportements les plus brutaux et égoïstes est inexacte" relève John Pepper. "Dans la nature, des groupes d'individus qui coopèrent ont collectivement plus de succès que des groupes d'individus égoïstes et agressifs" ajoute-t-il.

Cette communication est parue dans la revue américaine Science datée du 6 novembre.


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