Les oiseaux-chanteurs (les hirondelles, les grives...) volent trois fois plus vite lors de leurs périples migratoires selon des travaux de chercheurs canadiens publiés jeudi aux Etats Unis. Cette découverte a été rendue possible car des scientifiques ont attaché en 2007 de petits appareils sur le dos de 34 oiseaux en Pennsylvanie (Etats-Unis) qui ont permis d'enregister leurs déplacements et de suivre ainsi leur migration en Amérique du Sud en automne et leur retour en Amérique du Nord au printemps. Au cours de l'été 2008, l'équipe de recherche a retiré les positionneurs de cinq grives et de deux hirondelles noires de manière à reconstituer leurs itinéraires de migration respectifs et l'endroit précis où elles ont passé l'hiver.
Ils peuvent parcourir 500 kilomètres en une journée
L'analyse des données recueillies montre que ces oiseaux-chanteurs peuvent parcourir 500 kilomètres (au lieu de 150 kilomètres) par jour.
La recherche a également permis de découvrir que les oiseaux-chanteurs migrent de deux à six fois plus rapidement au printemps qu'en automne. Un exemple : une hirondelle noire a mis 43 jours pour arriver au Brésil en partant de Pennsylvanie pour une migration d'automne et seulement 13 jours pour revenir au printemps afin de se reproduire.
"Nous avons été sidérés par le temps mis par ces oiseaux pour revenir du Brésil au printemps. Voir un oiseau quitter le Brésil le 12 avril et arriver à son point de départ en Pennsylvanie à la fin du même mois est absolument époustouflant" relève Bridget Stutchbury, professeur de biologie à Toronto (Canada).
Ces oiseaux font des étapes prolongées durant leur migration d'automne
Ces chercheurs ont découvert que ces oiseaux faisaient des étapes prolongées durant leur migration d'automne. Des hirondelles ont par exemple fait escale pendant trois ou quatre semaines dans le Yucatan (Mexique) avant de poursuivre leur route vers le Brésil.
Ces recherches sont importantes car le résultat des travaux est nécessaire pour protéger les espèces menacées d'oiseaux-chanteurs et pour évaluer l'environnement. "Traquer les migrations d'oiseaux vers les lieux où ils vont passer l'hiver est aussi important pour prédire l'impact sur ces animaux de la perte de l'habitat tropical" que pour évaluer "le changement climatique" indique Bridget Stutchbury.