Les biologistes indiquent que les ptérosaures, considérés comme les plus grands vertébrés volants connus, étaient très bien adaptés aux brises tropicales mais qu'ils n'auraient pas pu voler en cas de tempête.
Des biologistes se sont depuis longtemps penchés sur les capacités aérodynamiques de ces créatures géantes, qui ont cohabité sur Terre avec les dinosaures durant l'ère mésozoïque, voici 220 à 65 millions d'années. D'après certains scientifiques, les ptérosaures, dont les plus connus sont les ptérodactyles ne pouvaient pas voler du tout. Les ptérosaures avaient une envergure pouvant atteindre 12 mètres et un poids frisant les 200 kg.
Colin Palmer, ingénieur et paléontologue à l'Université de Bristol (Grande-Bretagne), a pourtant démontré que ces animaux préhistoriques étaient très bien adaptés à certains types de vol. En se fondant sur des fossiles, il a réalisé des modèles d'ailes de ptérosaures à l'aide de résine et de fibre de carbone. Puis, s'inspirant des expériences menées sur les pales d'hélices ou les coques de voiliers, il a testé la résistance et l'aérodynamisme de ces ailes en soufflerie.
Selon lui, les ptérosaures étaient adaptés à un vol calme porté par des courants chauds ascendants, principalement sur les flancs des collines et au-dessus des régions côtières. Ce vol lent et la géométrie variable de leurs ailes leur permettaient de se poser en douceur, réduisant ainsi le risque de rompre leurs os, relativement fragiles, durant la phase d'atterrissage. "Les os des ptérosaures étaient creux et donc hautement vulnérables aux chocs, l'atterrissage à faible vitesse était un élément important pour éviter les blessures" indique Colin Palmer.
Ses expériences ont en revanche montré que la moindre bourrasque de tempête aurait certainement précipité les créatures au sol. "En contrepartie, ils souffraient d'une grande vulnérabilité aux vents forts et aux turbulences, à la fois en vol et au sol, tout comme celle des parapentes modernes" résume le chercheur.
Ces travaux sont publiés dans les "Biological Letters" de la Royal Society.