La conférence de la CITES à Doha va-t-elle placer quatre espèces de requins sur l'Annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces sauvages afin d'en réguler strictement les échanges ?
Plusieurs dizaines de millions sont tués chaque année pour le commerce lucratif de leurs seuls ailerons. Selon le Pew Environment Group, jusqu'à 73 millions de requins terminent dans les filets des pêcheurs, directement ciblés ou accidentellement.
Quelles sont les espèces concernées :
Il s'agit du requin-marteau (Sphyrna lewini) et du requin océanique (Carcharhinus longimanus) sur proposition des Etats-Unis et de Palau, le requin-taupe (Lamna nasus) et l'aiguillat commun (Squalus acanthias) dont tout se vend (ailerons, chair et huile de foie) sur proposition de Palau et de la Suède, au nom de l'Union européenne.
Trois d'entre elles figurent sur la Liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) comme en "danger critique" d'extinction en Atlantique et Méditerranée, et "vulnérables" partout ailleurs. Le requin-marteau est lui jugé "mondialement en danger".
Une bataille qui s'annonce rude
Car l'aiguillat commun et le requin-taupe avaient été retoqués par la CITES en 2007. Et cette espèce va avoir besoin d'aide apportée notamment par l'île de Palau dans le Pacifique et les Maldives.
Palau a dépêché à Doha son ministre de l'Environnement, Thomas Fritts. Cette île s'est décrétée "sanctuaire du requin" et a par conséquent interdit la pêche et le commerce.
Le ministre de l'environnement des Maldives, Ibrahim Didi, sera également sur place pour soutenir le combat : un moratoire entré en vigueur ce mois-ci dans l'archipel interdit aussi la pêche et le commerce des requins.
De son côté, l'Union européenne, qui a fermé les pêcheries d'aiguillats communs et de requins-taupe respectivement en 2007 et en 2009, a fait valoir qu'aucune des organisations régionales de pêche dans le monde ne gère le requin, un poisson à la croissance lente et piètre reproducteur, tous les deux ans environ. Un sort aggravé par la chasse aux femelles adultes, dont la viande comme les ailerons sont les plus prisés.