Pour l'organisation WWF, il faut que le Canada protège ses grandes rivières aujourd'hui menacées par le réchauffement climatique, l'expansion des zones agricoles, industrielles et urbaines, ainsi que la construction de barrages hydroélectriques.
Pour l'heure, le Canada est la première réserve d'eau douce de la planète, grâce à ses milliers de lacs, cours d'eaux et glaciers mais cette situation pourrait changer.
Dix grandes rivières passées au crible
Dans un rapport intitulé "Péril dans les eaux canadiennes", WWF indique que le changement climatique modifie le rythme des précipitations, mais aussi celui des crues et des sécheresses, tandis que la demande d'énergie "propre" engendre la construction de centrales hydroélectriques qui modifient l'écoulement naturel des cours d'eau et leurs écosystèmes.
Ce rapport passe au crible "l'état de santé" de dix grandes rivières canadiennes, du fleuve Saint-Laurent, dans l'est, au Fraser, dans l'ouest, en passant par le MacKenzie, qui prend sa source dans les Rocheuses et se jette dans l'océan Arctique.
Les communautés amérindiennes dépendent de ces rivières
"Les menaces conjuguées du changement climatique et de la demande croissante d'eau douce, venant des villes, de l'agriculture et de l'industrie convergent toutes vers les rivières du Canada" note Tony Maas, responsables des questions d'eau douce pour la branche canadienne de l'ONG.
"Alors que la température est en hausse et qu'augmentent le pompage des industries et l'intérêt pour l'énergie hydroélectrique", le pays devrait, selon lui, protéger "l'écoulement naturel des rivières afin d'assurer l'approvisionnement en eau des communautés et les économies qui en dépendent", notamment de nombreuses communautés amérindiennes isolées.
L'ONG écologiste suggère au Canada de faire du fleuve MacKenzie "une priorité nationale pour la conservation de l'eau douce". Ce fleuve, l'un des plus grands du monde (1.738 km) et dont le bassin couvre 1,8 million de km2, est menacé notamment par la construction de centrales hydroélectriques alors qu'il joue un rôle primordial dans la régulation du climat et des flux océaniques.