Le fossile remarquablement conservé d'une espèce de mammifère jusqu'ici inconnue a été découvert dans la province de Liaoning en Chine par des paléontologues américains et chinois.
Il vivait à l'époque des dinosaures il y a 123 millions d'années. Le nouveau mammifère, baptisé Maotherium asiaticus, mesurait 15 centimètres de long et pesait de 70 à 80 grammes. Il s'apparente surtout aux marsupiaux contemporains.
Les scientifiques surpris par l'oreille de cette espèce
Grâce à ce fossile, un nouvel éclairage important sur une étape de l'évolution de l'oreille moyenne interne des mammifères a été mis à jour.
"Le plus surprenant (...) est l'oreille de cet animal" observe Zhe-Xi Luo, conservateur du département de paléontologie des vertébrés et directeur de recherche au Musée d'Histoire naturelle Carnegie à Pittsburgh (Etats-Unis).
Une évolution de l'oreille très importante
"Les mammifères ont une ouïe très sensible, nettement plus sensible que celle de tous les autres vertébrés, ce qui a été fondamental dans leur façon de vivre et pour survivre. L'évolution de l'oreille des mammifères est de ce fait importante pour comprendre les origines de leurs principales adaptations" poursuit le chercheur.
Le rôle important d'une oreille
Grâce à la structure particulière de l'oreille dite moyenne, les mammifères, y compris les humains, peuvent discerner une gamme de sons plus étendue que les autres vertébrés. Cette sensibilité de l'ouïe a été une adaptation cruciale, permettant aux mammifères d'être actifs dans l'obscurité et de survivre à l'ère des dinosaures, selon les auteurs.
Cette adaptation auditive a été permise par les trois petits osselets à l'intérieur de l'oreille moyenne, le marteau (malleus), l'enclume (incus), et l'étrier (stapes) ainsi qu'à l'anneau osseux sur lequel est attaché le tympan. Les os ont évolué au cours du temps à partir de la mâchoire de leurs ancêtres reptiliens.
Selon ces chercheurs, le nouveau mammifère découvert avait les os de l'oreille moyenne en partie similaires à ceux des mammifères modernes à l'exception d'un lien cartilagineux avec la mâchoire inférieure. Ce cartilage dit de Meckel est inexistant aujourd'hui chez les mammifères adultes. Ceci pourrait être une nouvelle caractéristique de l'évolution ou résulter de l'adaptation provoquée par des changements dans le développement de l'animal reflétant une mutation des gènes, observent ces paléontologues.
L'étude a été publiée dans la revue américaine Science datée du 9 octobre.