Les scientifiques ont constaté une reprise de la "convection profonde" au cours de l'hiver 2007-2008. Ce phénomène, indispensable pour l'équilibre du climat de la planète, contribue à la redistribution de la chaleur entre les régions polaires et équatoriales. La "convection profonde" a été observée jusqu'à 1.800 mètres dans la mer du Labrador et 1.000 mètres dans la mer d'Irminger dans l'Océan Atlantique. Ce phénomène est un mélange en profondeur des masses d'eau, avec la formation d'une colonne d'eau très homogène verticalement sur plusieurs centaines de mètres.

Un signe du réchauffement climatique
"Cette reprise est inattendue car depuis plusieurs années le mélange en profondeur des masses d'eau dans l'Atlantique Nord atteignait des profondeurs nettement moins importantes, comprises entre 2001 et 2007 entre 700 et 1.100 mètres, ce qui pouvait être considéré comme un signe du réchauffement climatique", a souligné l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer).
A la fin des années 1980 et au début des années 1990, lorsque les hivers étaient marqués par des températures très basses et des vents très forts, "le mélange hivernal atteignait en mer du Labrador des profondeurs supérieures à 2000 m", selon l'Institut.
Le saviez-vous ?
Les échanges de chaleur entre l'océan, l'atmosphère, les vents d'Ouest et le courant Nord Atlantique, extension septentrionale du Gulf Stream, contrôlent le climat européen. Par ailleurs, le courant Nord-Atlantique est un des principaux éléments du tapis roulant océanique qui redistribue la chaleur entre les zones polaires et équatoriales."Le processus de convection profonde contribue au stockage en profondeur et pour des centaines d'années du CO2 atmosphérique" a fait remarquer l'Ifremer.
L'étude, publiée en ligne dans la revue Geoscience, a été menée en particulier grâce au programme Argo, qui possédait plus de 3.000 flotteurs autonomes répartis dans tous les océans du monde. Ils mesurent en permanence la température et la salinité de la surface à 2.000 mètres de profondeur.
La "convection profonde" diminuera si le réchauffement climatique continue...
Les températures atmosphériques anormalement froides dans l'Atlantique Nord au cours de l'hiver 2007-2008 et la présence d'une couche d'eau froide et peu salée en surface dans la mer du Labrador pourraient être à l'origine du retour de ce phénomène.
L'Ifremer a tenu à préciser : "il est plus que probable qu'à long terme la "convection profonde" diminuera si le réchauffement climatique continue avec la même tendance que celle observée actuellement".