Les "zones mortes", régions se trouvant généralement près des côtes et déficitaires en oxygène, se sont rapidement étendues dans les mers et les océans du monde entier et cette augmentation est une menace majeure pour les écosystèmes.
Les "zones mortes" sont causées par une concentration excessive de phytoplanctons, qui, en mourant, se déposent au fond de l'eau. Les phytoplanctons sont ensuite mangés par des bactéries qui consomment l'oxygène de l'eau. Les phytoplanctons se reproduisent notamment en raison de la concentration inhabituelle de nutriments.
Les "zones mortes" résultent de la pollution humaine
Les zones dites "mortes, qui s'étirent du Golfe du Mexique, fortement pollué par les nutriments et d'autres produits chimiques charriés par le Mississippi, à la Baltique, sont le résultat d'une surabondance de nutriments, surtout d'azote, provenant de fertilisants agricoles, de la pollution automobile et industrielle et de déchets.
Le nombre de zones hypoxiques croît à un rythme de 5%
"Les organismes marins sont plus vulnérables au manque d'oxygène qu'on ne le pensait jusqu'ici, en particulier les poissons et les crustacés. Le nombre de zones hypoxiques, déficitaires en oxygène dissous, croît dans le monde à un rythme de 5% par an" souligne Raquel Vaquer Suner, de l'Institut méditerranéen d'études avancées. Toujours selon Raquel Vaquer Suner, les "zones mortes", qui n'existaient pratiquement pas à la fin des années 1970, étaient plus de 140 il y a quatre ans.
Quand le réchauffement climatique s'en mêle
Des centaines de millions de personnes dépendent de la pêche côtière. Les nombreux habitats, dont les herbiers marins, les poissons mais surtout les crustacés comme les crabes, les homards ou encore les crevettes, sont parmi les espèces les plus fragiles dans ces zones hypoxiques. Le réchauffement climatique complique aussi les choses parce que l'oxygène se dissout difficilement dans des eaux chaudes.
Prolifération des "zones mortes"
Les premières "zones mortes" sont apparues dans la baie de Chesapeake (côte est des Etats-Unis), la mer Baltique, le Kattegat, la mer Noire, le nord de la mer Adriatique et dans les fjords scandinaves. D'autres "zones mortes" ont été constatées au large de l'Amérique du Sud, du Ghana, de la Chine, du Japon, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande, du Portugal et de la Grande-Bretagne.
Dans l'étude publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, des scientifiques considéraient jusqu'ici que le niveau d'oxygène dissous dans l'eau de mer pouvait tomber à 2 milligrammes par litre avant que cette eau ne devienne une "zone morte".
Mais de nombreuses espèces sont bien plus sensibles au manque d'oxygène. Ainsi, des larves de crabe découvertes au large des côtes orientales du Canada et des Etats-Unis commencent à souffrir du manque d'oxygène en dessous de 8,6 mg par litre.
Par conséquent, les scientifiques souhaitent que soit relevé à 4,6 mg d'oxygène par litre le niveau en dessous duquel l'eau de mer est considérée comme incompatible avec la survie de la faune marine.