L'oiseau emblématique de Paris s'y porte mieux que dans les autres capitales européennes mais décline de façon spectaculaire dans deux arrondissements du sud de la ville, le XVè à l'ouest et le XIè à l'est... tel est le résultat d'une enquête publiée aujourd'hui.
Pendant cinq ans, la Ligue de Protection des oiseaux (LPO) et le Centre ornithologique d'Ile-de-France (Corif) ont mobilisé leurs bénévoles pour effectuer un comptage au printemps et à l'automne et les données recueillies ont été analysées avec le Museum d'Histoire naturelle.
La population de moineaux a plongé de -92% dans le XIè et de -74% dans le XVè. "Au plan national, elle reste stable et dans Paris, on observe un déclin de 20% sur 5 ans, sans commune mesure avec Londres ou Amsterdam, qui ont perdu 95% de leurs moineaux en 30 ans ou Prague (-60% en 20 ans)", observe Sandrine Mor, secrétaire générale adjointe de la LPO.
"En revanche, la chute des
populations est spectaculaire dans le XIè et le XVè", poursuit-elle en soulignant que l'enquête était reconduite pour cinq nouvelles années.
Pour le XIè, arrondissement en pleine mutation notamment sociologique, la spécialiste incrimine les nombreux ravalements et réfections de façade qui privent les
oiseaux de cavités pour nidifier. "Mais pour le XVè, nous n'avons aucune explication à avancer".
L'étude a montré cependant que les moineaux se trouvaient moins bien dans les quartiers chics - pourtant souvent plus verts - que dans les secteurs populaires où ils trouvent davantage de cavités sous les toits, dans les recoins de façades et dans les détritus, note Mme Mor. "On a constaté la même chose à Londres: il y a un lien entre le prix du mètre carré immobilier et la présence de
moineaux", relève-t-elle.