Jean-Louis Etienne, médecin-explorateur et aventurier des pôles, s'est envolé dimanche de Longyearbyen, dans l'archipel norvégien du Spitzberg (Svalbard) pour une traversée de l'Arctique en ballon.
Cette traversée s'effectuera entre l'île norvégienne du Spitzberg et l'Alaska... soit un vol de 3.500 kilomètres. Cette distance sera peut-être rallongée au gré des conditions météorologiques rencontrées. Le ballon est la rozière (du nom de pilâtre de Rozier), un ballon mixte hélium-air chaud. Elle avance aussi grâce au vent.
Il témoigne de la dégradation de la planète
Pendant ce périple audacieux, il doit se livrer à "des mesures scientifiques de CO2, du champ magnétique, des particules en suspension et de l'ozone troposphérique". Il y a quelques mois, Jean-Louis Etienne avait déclaré : "Je souhaite attirer l'attention du monde sur la régression de la banquise et ses conséquences sur la vie des peuples autochtones, la biodiversité arctique et le chaos climatique à l'échelle planétaire qu'engendrerait sa disparition" a précisé le médecin explorateur français. Durant ses expéditions, Jean-Louis Etienne veut en effet témoigner de la dégradation de la Terre en raison de la pollution émise notamment par l'Homme.
Au cours de cette expédition, il va notamment étudier la mesure du CO2 atmosphérique ou encore celle du champ magnétique terrestre en constante évolution.
La température extérieure variera autour de moins 30°C. A l'intérieur de la nacelle non pressurisée, il fera 15°C grâce à un chauffage au propane. Mais la réserve de ce gaz, qui ne gèle qu'à moins 44°C, n'excédera pas 15 jours.
Il entre dans l'histoire dans les années 80
Rappelons que Jean-Louis Etienne a été le premier homme à atteindre le pôle nord géographique en solitaire dans les années 1980. Il avait mis 63 jours. Depuis, il a enchaîné les expéditions allant du pôle nord au pôle sud, mais aussi dans le Pacifique, sur cet îlot corallien de Clipperton où il avait organisé et coordonné en 2004 et 2005, une formidable expédition naturaliste.