Où peut-on découvrir des espèces rares de plantes ? La réponse est... sous les lignes à haute tension, bien entendu ! Le Conservatoire botanique du Muséum National d'Histoire Naturelle a en effet recensé une trentaine d'espèces rares de plantes sous des...lignes à haute tension entre le Val-de-Marne et la Seine-et-Marne.
"(...) les lignes à haute tension étaient considérées comme dépréciées par les naturalistes. Mais on s'est aperçu qu'elles représentaient des zones refuges pour les espèces qui n'avaient plus leur biotope d'origine" a expliqué Philippe Bardin, responsable des programmes de conservation au conservatoire botanique.
Des zones de refuge inhabituelles
Grâce à une convention signée à la fin de l'année 2008, des botanistes ont découvert des espèces très rares de plantes.
Parmi ces plantes rares figurent le polygata chevelu, qui avait totalement disparu en Île-de-France depuis 1960.
Ne pas s'arrêter en si bon chemin
Depuis le mois d'avril et jusqu'au mois d'octobre, les scientifiques vont ainsi remonter 280 kilomètres de lignes à haute tension depuis la forêt domaniale de Notre-Dame, à Marolles-en Brie (Val-de-Marne) jusqu'en Seine-et-Marne.
450 espèces ont ainsi été observées sur les 150 premiers kilomètres de terres situées sous des lignes à haute tension et recensées par les botanistes du Muséum National d'Histoire Naturelle. "Cela représente un tiers de la totalité des espèces présentes en Île-de-France" précise Philippe Bardin.
Lier l'utile à l'agréable ?
Philippe Bardin estime qu'on peut "assurer les besoins humains en électricité tout en réduisant les impacts sur la nature". Une idée partagée par Philippe
Dumarquez : "Il faut des infrastructures au service de l'homme, mais aussi de la nature".
Une expérience reconduite ?
Plusieurs plans de gestion sous des lignes à haute tension sont à l'étude avec l'Agence des Espaces Verts de la région Île-de-France dans quatre autres forêts régionales.