Une cinquantaine d'apiculteurs et de membres de la Confédération paysanne se sont rassemblés jeudi matin devant le palais de justice de Toulouse pendant que leurs avocats plaidaient contre le non-lieu rendu dans l'affaire du pesticide Régent, accusé de provoquer une surmortalité des abeilles.
La chambre de l'instruction de la Cour d'Appel de Toulouse examinait jeudi à huis clos le recours de l'Union nationale de l'apiculture française (UNAF) et de la Confédération paysanne contre le non-lieu rendu le 30 janvier par une juge d'instruction de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) au bénéfice de Bayer et BASF, propriétaires successifs du fipronil (molécule active du Régent), quatre ans après leur mise en examen.
Un apiculteur
« Il n'y a plus de Régent, mais les abeilles continuent de mourir »
"Le non-lieu est scandaleux, en contradiction avec les expertises du dossier", ont assuré Jean Sabeng pour la Confédération et Jean-Marie Sirvins, vice-président de l'UNAF.
Selon eux, en 2002 et 2003, 90% de certaines ruches ont été éliminés quand les abeilles ont butiné des tournesols dont les semences avaient été enrobées de Régent.
Jean-Marc Petat, directeur environnement de BASF agro, rétorque que "les accusations ne tiennent pas". "Il n'y a plus de Régent mais les abeilles continuent de mourir, il faut accepter la réalité pour trouver les vraies causes de surmortalité et se mobiliser ensemble", a-t-il noté.
La chambre de l'instruction devait mettre sa décision en délibéré.