La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et son président Allain Bougrain Dubourg ont mené jeudi une opération de libération de pinsons dans les Landes, pour dénoncer la tradition locale de braconnage de cette espèce protégée.
Ces derniers se sont rendus sur plusieurs installations de pièges appelés "matoles" pour en libérer les pinsons mais aussi d'autres espèces (chardonnerets, rouge-gorge, verdier) qui s'y étaient prises. Ils ont détruit les plants de tournesol dans lesquels les pièges étaient dissimulés.
A Carcen-Ponson, la maire Sabine Dehez est venue protester, arguant de "la tradition". Allain Bougrain Dubourg lui a rétorqué : "la tradition a bon dos. C'est du braconnage, votre rôle de maire, c'est de faire respecter la loi". C'est la première fois que la LPO menait une opération dédiée aux pinsons, espèce protégée traditionnellement chassée dans les Landes où on mange l'oiseau en brochettes, frit ou en omelette. La LPO avait déjà réalisé des opérations similaires pour les ortolans.
Altercations entre militants et chasseurs
A Carcarès-Sainte-Croix, le ton est monté entre les militants et le président de l'Association des chasses traditionnelles départementales à la matole, Jean-Jacques Lagüe, qui a traité Allain Bougrain Dubourg de "terroriste", assurant que "tout le monde s'accorde à dire que le pinson est en voie d'expansion, y compris les scientifiques".
La dispute s'est poursuivie sur une quatrième installation, à Audon, où Jean-Jacques Lagüe, rejoint par deux autres chasseurs, s'est empoigné physiquement avec Alain Bougrain Dubourg, sans gravité. Un militant de la LPO et un chasseur ont néanmoins compté ensemble les oiseaux prisonniers, huit chardonnerets, que les chasseurs ont promis de relâcher.
Selon la LPO, il y a environ 3.000 chasseurs à la matole dans les Landes. Avec une tolérance préfectorale de 80 pièges par installation, il y a 240.000 pièges et des centaines de milliers d'oiseaux piégés chaque année, selon la ligue. "Les autorités ferment les yeux, on est face à un vrai scandale" s'est écrié Allain Bougrain Dubourg. "On est en 2010, l'année de la biodiversité, on dit qu'il faut sauver le vivant, mais l'élémentaire qui est à notre porte, on laisse tomber".