Selon le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), la rupture de l'immense plaque glaciaire de Wilkins dans l'Antarctique peut menacer la stabilité des glaciers qui l'alimentent. En revanche, elle ne devrait pas avoir des conséquences directes sur le niveau de la mer et son élévation.
"Cet effondrement va contribuer à accélérer le réchauffement"
L'effondrement du pont de glace reliant cette plaque à l'Antarctique va se traduire par "une expansion de la surface de mer qui absorbera ainsi une partie plus importante des rayonnements du soleil, et contribuera à l'accélération du réchauffemnent climatique" au lieu de la glace qui réfléchit les rayons et les renvoie vers l'espace, a prévenu Christian Lambrechts, responsable de la division Alerte précoce au PNUE.
Il s'est réduit à un ruban de 500 mètres de large
Ce pont de glace, qui s'est en partie rompu, risque aussi de provoquer le détachement de nombreux icebergs de la taille d'un immeuble, a averti l'Agence spatiale européenne. Des photos satellite montrent que ce pont de glace de 40 kilomètres de long, entre la plaque Wilkins et les îles Charcot et Latady, s'est réduit à un ruban de 500 mètres de large à son point le plus étroit et que de nombreuses failles apparaissent le long des rives.
La plaque Wilkins régresse depuis les années 1990
Selon les scientifiques, cette plaque glaciaire, placée sous haute surveillance depuis des années, joue un rôle de baromètre du changement climatique qui touche l'Antarctique. Au cours des cinq dernières décennies, la température moyenne a gagné 2,5°C contre 0,5°C en moyenne mondiale. La plaque Wilkins, dont la taille est de 16.000 km2 environ, régresse depuis le début des années 1990. Selon l'Agence spatiale européenne, elle a perdu environ 1.800 km2 en 2008.