Au Bangladesh, des chercheurs américains ont peut-être élucidé le mystère des puits empoisonnés à l'arsenic, dont l'eau est consommée par une grande partie de la population depuis plus de trois décennies.
Les activités humaines probablement responsables de ces empoisonnements
En effet, les coupables seraient les millions de puits tubulaires forés dans les zones rurales pour fournir de l'eau... potable à des millions d'habitants.
Cette technique avait été importée dans les années 1970 et 80 par les organisations humanitaires pour assainir le réseau et protéger les populations des maladies liées à une eau malsaine dans ce pays qui dépend essentiellement de son agriculture. Quelle ironie du sort ! Aujourd'hui, l'eau est empoisonnée et rend malade environ 2 millions de personnes dans ce pays.
De fortes concentrations d'arsenic dans l'eau des puits artificiels
Cette découverte a été faite après l'analyse des eaux de surface et des eaux souterraines dans une zone de 15,5 km2 du district de Munshiganj. Ils ont testé la capacité du carbone organique à relâcher en surface l'arsenic naturellement contenu dans les sols et les sédiments.
"Nous avons remarqué que les fortes concentrations d'arsenic se trouvaient dans l'eau des puits artificiels, alors qu'elles étaient plus faibles dans celle des rizières" indique Rebecca Neumann, chercheuse associée à Harvard. Les analyses chimiques ont ensuite montré que les composants organiques qui relâchent le poison se rencontraient surtout au fond des puits et s'enfonçaient ensuite lentement dans le sol.
Comment régler le problème ?
Le problème pourrait être réglé en creusant de nouveaux puits nettement plus profonds pour l'eau potable, ou en les localisant sous les rizières. L'équipe prévoit de creuser de tels puits dans différentes régions du pays pour étudier s'ils améliorent l'état de santé des villageois.
Le saviez-vous ?
L'empoisonnement à l'arsenic est mortel à haute dose et son ingestion régulière à faible dose peut provoquer des cancers de la peau, du foie, des poumons mais aussi du diabète et des maladies cardiovasculaires