Le violent séisme (magnitude 7) du 12 janvier dernier qui a frappé Port-au-Prince et ses environs, a fait 75.000 morts, 250.000 blessés et un million de sans-abri, a annoncé mardi (19 janvier) la Direction de la protection civile haïtienne.
L'aide internationale commence à s'installer mais Haïti manque désespérément d'hébergements pour les sans-abri, d'eau, de nourriture, de fournitures médicales et de personnel qualifié, a ajouté la Direction de la protection civile. Tous ces blessés affluent en masse vers les rares centres de soins opérationnels, où les amputations se succèdent. La moitié des bâtiments dans la région de la capitale haïtienne ont été détruits.
Elisabeth Byrs, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU, a indiqué mercredi que les équipes de secours internationales ont sauvé 121 personnes prisonnières des décombres. Mais l'espoir de retrouver des survivants s'amenuise de jour en jour.
Concernant l'aide humanitaire, alimentaire et samedi, elle monte en puissance
La communauté internationale continue de se mobiliser et l'Union européenne a promis près d'un demi-milliard d'euros à court et à long terme.
L'urgence est désormais d'éviter une énorme catastrophe sanitaire : sans accès à l'eau potable et à des sanitaires, les risques d'épidémie font peser une nouvelle menace sur les sinistrés.
Les Etats-Unis bien présents sur le sol haïtien
Les forces américaines (7.500 GI's se trouvent sur le sol haïtien) vont ouvrir une nouvelle piste d'atterrissage près de Port-au-Prince, pour faire face à l'afflux de trafic aérien humanitaire qui dépasse les capacités de l'aéroport de la capitale haïtienne, a annoncé mardi le général Daniel Allyn, chef adjoint de la force spéciale américaine en Haïti.
Les Etats-Unis ont procédé lundi à leur premier parachutage d'aide, larguant 14.500 rations alimentaires et 15.000 litres d'eau sur une zone sécurisée à environ 8 kilomètres de l'aéroport de Port-au-Prince, a annoncé le commandement Sud de l'armée américaine. Enfin le navire hôpital américain Comfort, entièrement consacré à l'assistance médicale aux sinistrés, il devrait arriver d'ici mercredi, avec 600 personnes à bord et un millier de lits disponibles.
De leur côté, les Français ne sont pas en reste ! Un hôpital de campagne français de 50 lits est opérationnel depuis lundi à Port-au-Prince. Douze médecins, dont un chirurgien et deux anesthésistes, et 70 personnels hospitaliers ont été déployés pour traiter une moyenne de 250 blessés par jour, a indiqué l'ambassadeur de France en Haïti, Didier Le Bret.
100 millions de repas encore nécessaires
L'organisation Médecins sans frontières devait installer mardi un hôpital de campagne dans le bidonville de Carrefour.
D'après le gouvernement haïtien, 280 centres d'urgence devaient être ouverts à partir de lundi pour distribuer des vivres et héberger des sans-abri. 105.000 rations d'aide alimentaire ont été distribuées depuis le 12 janvier, selon le Programme alimentaire mondial mais celui-ci estime à plus de 100 millions le nombre de repas nécessaires pour les trente jours à venir.
Le chaos règne notamment à Port-au Prince
Des sinistrès, qui ont tout perdu, se livrent désormais au pillage. Selon la Croix-Rouge, "les incidents violents et les pillages sont en hausse alors que monte le désespoir".
Mais le contre-amiral Mike Rogers, responsable du renseignement à l'Etat-major interarmées des Etats-Unis a toutefois minimisé ces incidents, qualifiant les conditions de sécurité de "stables".
Pourtant un Américain est mort et trois autres ont été légèrement blessés dans des circonstances encore inconnues lundi en Haïti, où une énorme opération d'aide humanitaire était en cours, selon John Kirby, porte-parole de l'Etat-major interarmées américain. Dans cette catastrophe, les Américains ont perdu 24 personnes.
Il faut nourrir, soigner mais également maintenir la sécurité
Le Conseil de sécurité de l'ONU a approuvé mardi l'envoi de 3.500 Casques bleus supplémentaires en Haïti. ces renforts sont rendus nécessaires par la nécessité de protéger les couloirs humanitaires et la sécurité des convois d'aide. Dans cette catastrophe humanitaire, l'Onu a payé un lourd tribut puisque 500 de ses employés sont toujours portés disparus.