Quatre jours après le séisme de magnitude 8,8 et le tsunami, qui ont ravagé le Chili, le bilan officiel s'élève à 799 morts, a indiqué mercredi (3 mars) le Bureau national des urgences.
La région du Maule, où des vagues géantes ont rasé plusieurs stations balnéaires, reste la plus touchée : 587 tués (92 dans la région du Bio Bio dont la capitale est Concepcion, 48 dans celle d'O'Higgins, 38 à Santiago, 20 à Valparaiso et 14 dans la région d'Auraucania).
Plusieurs régions du pays offrent un spectacle de désolation
Des maisons se sont effondrées, des bateaux ont été projetés à l'intérieur des terres, la population a besoin de vivres et d'eau.
La présidente du Chili, Michelle Bachelet, a annoncé avoir décrété l"'état d'exception" dans les régions de Maule et de Biobio, les plus touchées afin d'"assurer la sécurité et d'accélérer la distribution de l'aide".
Sept villes soumises au couvre-feu
Les villes de Curico, Molina et Sagrada Familia, situées dans un proche rayon à environ 200 kilomètres au nord de l'épicentre du séisme, sont passées sous couvre-feu a déclaré le général Bosco Pesse, commandant militaire de la région.
Ces villes, surtout Curico et son centre historique détruit à 90 %, ont été durement touchées par le séisme.
Quatre villes étaient déjà soumises à cette mesure d'exception pour éviter les pillages et les troubles de l'ordre public : Concepcion, qui a été le théâtre de violentes scènes de pillages et d'incendies de magasins, Talca, Cauquenes et Constitucion.
Des habitants encore prisonniers des décombres
Des secouristes continuaient de s'activer dans la nuit de mardi à mercredi pour retrouver les sept personnes toujours prisonnières d'un immeuble de 14 étages qui s'est effondré à Concepcion (centre). Neuf corps ont été retirés de l'immeuble.
Sur la côte, le chaos régnait dans des villes comme Talcahuano, Penco, Dichato après le passage du tsunami qui a détruit des centaines de maisons, emporté des bateaux dans les rues et balayé des voitures. Plus des trois quarts des bâtiments de la ville ont été détruits à Dichato.
Le trafic aérien perturbé à Santiago
De son côté, la présidente Michelle Bachelet a indiqué que l'armée et la police, se trouvant dans les régions du Maule et du Bio Bio, contribuent actuellement aux opérations de contrôle, d'ordre public et de sécurité, mais aussi à la distribution de l'aide, de vivres et d'eau, à l'installation d'hôpitaux de campagne, au rétablissement des communications et au fonctionnement d'un pont aérien".
Il n'y a plus d'alerte au tsunami
Après la Russie, le Japon a levé lundi l'alerte au tsunami sur l'ensemble de son territoire. Craignant des raz-de-marées, les autorités nippones avaient ordonné dimanche l'évacuation de 320.000 personnes dans les préfectures d'Aomori, Iwate et Miyagi, au nord de l'île de Honshu.
La veille, le Japon touché par des vagues
Un tsunami de 120 centimètres a atteint dimanche (28 février) le port de Kuji, dans la préfecture d'Iwate, quarante minutes après un premier raz de-marée de 90 centimètres, a annoncé l'Agence météorologique japonaise. Il s'agit de la première alerte « rouge » au tsunami depuis quinze ans pour l'ensemble de la façade Pacifique du Japon.
Le saviez-vous ?
La taille d'un tsunami désigne non pas la hauteur d'une vague, mais l'élévation du niveau de la mer observée par rapport à la normale. Un tsunami de plus d'un mètre de haut est suffisant pour provoquer de sérieuses inondations et endommager les embarcations amarrées dans les ports. En 1960, 140 personnes avaient été tuées au Japon par un tsunami causé par un séisme de magnitude 9,5 au Chili.
Des vagues importantes constatées aussi en Russie
En Russie, une vague de deux mètres a atteint le rivage de la ville de Severo-Kourilsk sur l'île de Paramuchir, dans l'archipel des Kouriles et une autre de 90 centimètres a touché le sud-est de la côte de la presqu'île du Kamchatka, a annoncé le centre pour les tsunamis de l'île de Sakhaline.
"Il y aura encore des perturbations dans l'océan Pacifique pendant les deux ou trois prochains jours" a indiqué la responsable de ce centre, Tatiana Ivelskaïa.
Le centre d'alerte américain avait de son côté levé dimanche l'alerte au tsunami émise pour l'ensemble des pays riverains du Pacifique.
Ce séisme lié à la destruction de l'environnement ?
Le séisme est une réaction de "mère-nature" aux "politiques qui détruisent l'environnement" a estimé le premier président de la Bolivie, Evo Morales.
Le chef de l'Etat a exprimé sa "solidarité" avec le Chili, et affirmé qu'il est "gravissime de voir mourir des frères dans des tremblements de terre". "Je sens que la nature ne supporte pas les (programmes) politiques qui détruisent l'environnement" a-t-il ajouté.