La goélette océanographique Tara croise actuellement au large de Djibouti et prélève des coraux récifaux dans les eaux chaudes et azuréennes du Golfe d'Aden. Jusqu'en 2012, le voilier a une mission : voguer sur toutes les mers et tous les océans pour mener une étude sur l'impact du réchauffement climatique sur les micro-organismes marins à l'origine de la vie sur la Terre.
Fin décembre, Tara est passé de la Méditerranée (étude du plancton) à la mer Rouge et vient de franchir la Porte des Larmes (Bab-el-Mandeb) qui s'ouvre sur le Golfe d'Aden et l'Océan Indien. C'est la deuxième partie de sa mission, cette fois consacrée aux récifs coralliens et à leur évolution.
Six scientifiques, des chercheurs, généticiens, biologistes et plongeurs, effectuent chaque jour des prélèvements et carottages sur ces bans de coraux récifaux immergés entre 10 et 18 mètres de profondeur, tant sur le littoral djiboutien qu'autour des petits îles. Et la pêche est fructueuse ! En une semaine, ces scientifiques ont répertorié, par nos prélèvements non destructifs (le corail repousse), plus de 120 espèces différentes de coraux.
Les échantillons prélevés seront ensuite soumis en laboratoire à des analyses moléculaires et examen de leur morphologie pour déterminer s'ils subissent ou non une évolution dans leur structure et composition, en raison notamment du réchauffement climatique ou de l'acidité des eaux." 600 espèces de coraux récifaux (il y a aussi des coraux benthiques dans les grandes profondeurs), sont actuellement répertoriées dans le monde. "Nous espérons découvrir de nouvelles espèces" dit Francesca Benzoni.
Au début de la seconde quinzaine de février, la goélette quittera Djibouti pour entrer dans les eaux du Golfe d'Aden puis rejoindra le Sultanat d'Oman, prochaine étape de sa mission. La goélette est partie le 4 septembre 2009 de Lorient pour un voyage scientifique de 150.000 kilomètres.