Le passage de la tempête Klaus sur le sud-ouest de la France a affecté le massif forestier des Landes qui s'étend sur un million d'hectares. Ailleurs les dégâts sont importants mais moins concentrés. Selon le syndicat des sylviculteurs de cette partie de la France, la tempête a ravagé 60% de la forêt dans le sud de la Gironde et les Landes. La catastrophe a eu aussi un impact sur l'écosystème des Landes. Eric Dumontet, secrétaire général adjoint du syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest, a avoué : "Il semble qu'on ait autour de 20% de dégâts sur la zone du Médoc (Gironde), on serait sur Le Teich (Gironde) et autour du bassin d'Arcachon à 60% et à plus de 60% dans les Landes". Selon certains climatologues, cette tempête (la deuxième en dix ans en France) pourrait être une conséquence du réchauffement climatique.
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Les pins maritimes de la forêt landaise sont vulnérables
Le directeur-général de l'Office national des forêts, Pierre-Olivier Drège, est aussi de cet avis : "La tempête Klaus s'avère déjà plus dévastatrice pour ces forêts que celles de 1999, notamment en raison des sols détrempés qui ont rendu les peuplements plus instables. Les pins maritimes de la forêt landaise sont particulièrement vulnérables, offrant davantage de prise aux vents que les feuillus".
Mise en oeuvre d'un "plan global" en faveur des forêts
Le ministre de l'Agriculture Michel Barnier va proposer la mise en oeuvre d'un "plan global" en faveur des forêts, qui va permettre d'assurer la récupération des bois abattus, le stockage et la valorisation de ces bois et d'organiser la reconstitution du patrimoine forestier".
Cette crise est une opportunité
Le chef de l'Etat Nicolas Sarkozy, qui s'est rendu sur place, a déclaré : "On va essayer de faire en sorte que tout le bois tombé (...) ne soit pas gâché. Cette crise est une opportunité pour accélérer le développement de l'énergie renouvelable autour de toute la filière forestière".
Le pin maritime se dégrade très rapidement
De son côté, Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, a avoué : "Les vents constatés ont été aussi forts qu'en 1999. Mais en raison des pluies des derniers jours, les sols sont détrempés et les arbres sont encore plus vulnérables au vent. Le massif forestier landais (1 million d'ha) est particulièrement touché. Le plus urgent à ce stade va être de ramasser le bois et de le sortir au plus vite de la forêt, avant le printemps pour éviter les risques d'incendies. D'autant que le pin maritime se dégrade très rapidement. Il faut trouver rapidement des sites de stockage où l'on puisse l'arroser régulièrement pour le conserver, sans créer de pollution".
Afin de rassurer les forestiers, elle a aussi ajouté qu'il y a des débouchés possibles concernant les stocks de bois devant être déversés sur le marché : production d'énergie (chaleur et électricité) et isolation des bâtiments, prévus dans le Grenelle de l'environnement et déjà financés dans le budget 2009, notamment avec la création du "fonds chaleur" (1 milliard d'euros sur trois ans) et l'éco-prêt à taux zéro.
En 1999, environ 240.000 hectares de forêts endommagés ou détruits
Selon Météo France, la tempête a frappé plus fort en intensité que celles des 26 et 27 décembre 1999 dans le Nord et l'Ouest de la France (92 morts et des dizaines de milliards de francs de dégâts matériels). En décembre 1999, environ 240.000 hectares de forêts avaient
été endommagés ou détruits.
Christian Pinaudeau, secrétaire général du Syndicat des sylviculteurs du Sud-Ouest, estime qu'il faudra 20 à 25 ans pour réparer les dommages de la nouvelle tempête.
Plantée pour l'essentiel de pins des Landes, la forêt du sud-ouest se remettait à peine des dégâts de décembre 1999. Les 150.000 hectares de forêts alors ravagés représentaient environ 30 millions de m3, soit l'équivalent de trois ans de récolte selon Christian Pinaudeau.