Le Japon s'est dit opposé lundi à toute interdiction de la pêche et du commerce du thon rouge, alors que la Commission européenne veut proposer aux gouvernements de l'UE de protéger cette espèce. Si les 27 Etats membres de l'Union Européenne approuvent cette proposition et si elle est entérinée en mars lors de l'assemblée au Qatar de la CITES, l'organisation affiliée à l'ONU chargée de la protection des espèces en danger, la pêche de ce thonidé apprécié des Japonais sera interdite de facto. "Nous faisons ce que nous pouvons pour qu'elle ne soit pas adoptée" par la CITES, a déclaré Shingo Ota, un négociateur à l'Agence des pêcheries du Japon. En cas d'approbation par les 175 membres de la CITES, le Japon pourrait déposer "une réserve" quant à son application, a prévenu en outre M. Ota. A la place d'une interdiction, les autorités nippones avancent l'idée d'une pêche assortie de mécanismes permettant la perpétuation de l'espèce.
Des Thons rouges
80 % de la production mondiale de thon rouge à lui seul
Le Japon consomme à lui seul 80% de la production mondiale de thon rouge, dont la chair est particulièrement appréciée crue, en sashimi, ou accommodée en sushi. La France, principal pays producteur dans l'Union, s'est prononcée récemment en faveur d'une inscription de cette espèce à l'annexe 1 de la CITES, où figurent les espèces menacées d'extinction dont le commerce international est interdit. L'Espagne, la Grèce, Chypre et Malte continuent de s'y opposer. En septembre dernier, une première proposition de la Commission de soutenir l'inscription du thon rouge à l'annexe 1 n'avait réuni la majorité nécessaire au sein de l'UE. Le thon rouge ne bénéficie actuellement d'aucune protection de la CITES, la seule organisation mondiale ayant autorité pour limiter ou interdire le commerce international d'espèces animales ou végétales menacées.