Les Etats-Unis vont réclamer une interdiction du commerce international du thon rouge pour permettre à la population de cette espèce menacée de se reconstruire et de garantir une protection et une gestion durable de l'espèce à l'avenir.
Tom Strickland, chargé de la pêche, des parcs et de la faune au département des Affaires intérieures, a affirmé que les Etats-Unis avaient offert "leur soutien à une proposition visant à interdire tout commerce international de thon rouge".
Une interdiction pas vraiment pénalisante pour les descendants de l'oncle Sam
Une interdiction du commerce international n'empêcherait pas les pêcheurs américains de capturer des thons dans les eaux américaines pour la consommation au sein du pays, où, selon M. Strickland des mesures permettent d'éviter la surpêche.
Cette annonce a ravi le Fonds mondiale pour la nature (WWF)
"Les Etats-Unis ont un intérêt particulier sur cette question, en tant qu'Etat pêcheur de thon rouge. Si les Etats-Unis soutiennent la proposition d'interdiction du commerce international (...), tous les autres pays peuvent et doivent faire de même" a dit le Dr Sergi Tudela, expert en thon rouge du WWF.
Rendez-vous important au Qatar
La proposition américaine sera examinée lors de la réunion de la CITES, l'organisation de 175 membres affiliée à l'ONU chargée de la protection des espèces en danger, qui se réunit du 13 au 25 mars à Doha (Qatar).
Pour que ce poisson soit considéré comme une espèce en danger par la CITES, les deux tiers des pays participant à la réunion doivent voter pour protéger le poisson.
Quelle est la position de l'Union européenne ?
Le WWF appelle notamment les pays membres de l'Union européenne à suivre l'exemple américain et à soutenir la proposition sans conditions. La Commission européenne a proposé récemment une telle interdiction, qui doit être approuvée par les pays de l'Union européenne puis entérinée au CITES. Mais certains pays européens, comme l'Espagne ou la Grèce, ont déjà manifesté leur opposition.
La décision des Etats-Unis mal perçue par le Japon
Les Nippons, qui consomment 80 % des captures mondiales du thon rouge, ont promis de "tout faire" pour contrer une telle interdiction au sein de la CITES.
Le pays affirme qu'il y a des moyens moins radicaux pour préserver les stocks de ce thonidé, dont la chair est très appréciée consommée crue, en sashimi, ou accommodée en sushi.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes
Entre 1957 et 2007, les stocks de thon rouge ont baissé de 75 %, et de plus de 60 % au cours des dix dernières années, selon les défenseurs de l'environnement.