Le Japon a prévenu vendredi qu'il voulait un quota de pêche aux cétacés plus important que celui avancé par la Commission baleinière internationale (CBI) dans sa dernière proposition de compromis. L'archipel tue chaque année de 500 à un millier de baleines dans l'Antarctique au nom de la "recherche scientifique", une pêche tolérée par la CBI qui proscrit toute chasse commerciale. La CBI, organisation internationale réglementant la chasse et la conservation des baleines, a proposé jeudi d'autoriser pendant dix ans une pêche commerciale assortie de quotas. Le Japon devrait ainsi limiter ses prises à 410 baleines dès sa prochaine campagne dans l'Antarctique, puis à 205 d'ici 2015. Le ministre nippon de la Pêche Hirotaka Akamatsu a jugé cette quote-part "différente de celle voulue par le Japon". "Nous voulons continuer de négocier", a-t-il prévenu. Il s'est toutefois réjoui du fait que la CBI suggère d'autoriser la pêche côtière.
Un baleinier japonais
Les organisations écologistes très remontées
Cette tentative de compromis entre pays pêcheurs et protecteurs des cétacés sera débattue et mise au vote en juin lors de la réunion plénière annuelle des 88 Etats membres de l'organisation. Dans sa proposition, la CBI autorise également, toujours avec des quotas, les opérations baleinières dans l'Atlantique pour l'Islande et la Norvège, ainsi que la pêche japonaise dans l'océan Pacifique et près des côtes nippones. Mais elle interdit à tout nouveau pays de se mettre à la chasse à la baleine. Conclu avec l'aide des Etats-Unis, ce compromis est vivement critiqué par plusieurs organisations écologistes, qui y voient une récompense pour le Japon, l'Islande et la Norvège qui ont continué de pêcher malgré l'interdiction de la pêche commerciale décrétée par la CBI en 1986. Un écologiste néo-zélandais de l'association Sea Shepherd est détenu depuis le 12 mars au Japon où il est inculpé pour avoir "blessé" un marin et abordé un baleinier dans l'Antarctique pour protester contre la pêche aux cétacés. Deux militants nippons de Greenpeace sont en outre jugés depuis février pour vol de chair de baleine. Ils affirment avoir voulu prouver l'existence d'un trafic illégal organisé par des membres d'équipage du navire amiral de la flotte baleinière japonaise.