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18 décembre 2008 -
10h07 :
Triste nouvelle pour les abeilles
[ NATURE ]

Le gouvernement a décidé mercredi de prolonger de cinq mois l'autorisation de l'insecticide Cruiser, honni par les apiculteurs et les associations de défense de l'environnement qui ont immédiatement manifesté leur colère et envisagent de saisir la justice.

Insecticite "tueur d'abeilles"

L'utilisation de cet insecticide, fabriqué par la firme suisse Syngenta et utilisé pour traiter les semences de maïs contre le taupin, un insecte broyeur nuisible aux récoltes, est désormais permise jusqu'en mai 2009, a précisé le ministère de l'Agriculture.

Qualifié de "tueur d'abeilles" par les apiculteurs, le Cruiser, interdit en Allemagne, avait reçu en janvier une autorisation d'un an de mise sur le marché du ministère de l'Agriculture. Une décision qui avait déjà provoqué un tollé parmi les détracteurs de ce produit qui le jugent dangereux pour la biodiversité.

Les abeilles


Les apiculteurs vont saisir la justice

L'annonce surprise du ministère a provoqué la colère des opposants au Cruiser, qui envisagent de saisir la justice."C'est une triste nouvelle", a commenté Henri Clément, président de l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf). "C'est dramatique, cela va à l'encontre du principe de précaution, les abeilles seront des cobayes", a-t-il déclaré.

Début décembre, des apiculteurs et des associations de défense de l'environnement avaient manifesté dans plusieurs villes, lors d'une journée d'action nationale pour demander l'interdiction de ce pesticide.

Les apiculteurs envisagent désormais de réagir au niveau juridique, explique M. Clément, allusion à un éventuel recours devant le Conseil d'Etat.

Cette autorisation est scandaleuse, totalement malheureuse et contraire au principe de précaution, a renchéri Arnaud Gossement, porte-parole de France nature environnement (FNE - 3.000 associations).

A ses yeux, le Cruiser "présente des risques inacceptables". Et le fait que l'autorisation ait été donnée pour six mois seulement et non pour un an, ne change rien puisque "cela va couvrir la récolte prochaine", a-t-il noté, envisageant lui aussi d'en appeler à la justice.

"A un moment où la France se montre globalement exemplaire à travers le Grenelle de l'environnement, on voit que l'agriculture, qui est une part essentielle de la gestion de la biodiversité, échappe à l'engagement qui est pris par Jean-Louis Borloo" le ministre du Développement durable, a déploré Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO).


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