Un iceberg de 2.250 km2 et d'une épaisseur moyenne d'environ 400 mètres s'est détaché du glacier Mertz (Antarctique de l'Est) le 12 ou 13 février, selon les images satellites.
Il ne tenait plus qu'à un fil
"Cette langue de glace était déjà presque cassée (...)" a expliqué le chercheur Benoit Legresy. Cette rupture s'explique par le cycle naturel de ce glacier qui développe une langue de glace (...) Je pense qu'il n'y pas d'impact direct du réchauffement sur ce cas-là (...) a-t-il ajouté.
Un laboratoire unique pour identifier ses mécanismes
"Pour la première fois, nous aurons des informations détaillées sur le cycle complet d'un vêlage (lorsque qu'un glacier libère un iceberg) : avant, pendant et après" souligne-t-il.
Depuis qu'il s'est détaché, cet iceberg, ainsi qu'un autre, baptisé B9B, se sont déplacés vers une polynie, poche d'eau libre au milieu de la banquise. Grâce au vent qui refroidit la surface de l'océan, les polynies sont des zones de formation de banquise. Or quand l'océan gèle, les cristaux de sel sont expulsés, les polynies concentrent des masses d'eau très froides et très salées, donc denses, qui vont descendre mécaniquement en profondeur et contribuer au "tapis roulant" de la circulation des océans.
Un impact sur la circulation océanique profonde ?
Si ces monstrueux icebergs restent sur cette zone, ils pourraient bloquer la production de cette eau dense et finalement modifier les ressorts de la circulation océanique, expliquent les chercheurs.
Le cheminement de ces gigantesques icebergs pourrait également avoir un impact notable sur la biodiversité : les polynies sont des lieux de concentration de nourriture pour les oiseaux et mammifères marins, notamment les manchots empereurs.
Ainsi, une modification significative de l'environnement marin pourrait avoir des conséquences importantes sur la colonie de manchots empereurs de Pointe Géologie, à proximité de la base de Dumont d'Urville.