Depuis trois ans, une éruption de boue visqueuse engloutit l'est de l'île de Java en Indonésie. Des villages, des usines, une autoroute et une voie ferrée près de la ville de Sidoarjo ont été ensevelis sous un liquide épais, bouillant et nauséabond. Ce "volcan de boue" crache continuellement de la fumée blanche.
Le cauchemar a commencé le 29 mai 2006 au milieu d'une rizière
Un geyser de boue a fait irruption, crachant des dizaines de mètres cubes d'un liquide visqueux. Puis ce geyser s'est transformé en volcan, déversant quotidiennement 100.000 à 125.000 m3 de boue,. Malgré la construction de digues et de remparts, il y a deux ans, des centaines d'hectares ont déjà été engloutis.
Ce volcan de boue visqueuse a des conséquences environnementales
Ce liquide se déverse dans la rivière et empoisonne les écosystèmes aquatiques. Il entraîne du même coup une catastrophe économique dans cette région connue pour les élevages de crevettes.
Pourquoi la terre s'est-elle mise à cracher autant de boue ?
De nombreuses victimes, évacuées, ont mis sur le banc des accusés la société Lapindo Brantas. Elle menait un forage exploratoire de gaz sur les lieux. La tige de forage était à plus de 2800 mètres de profondeur quand elle s'est bloquée après avoir percé un gisement d'eau sous pression. Quelques instants après, le volcan commençait à cracher de la boue et de la fumée blanche.
Lapinda se défend !
Mais Lapindo, qui appartient à la famille du ministre des Affaires sociales, Aburizal Bakrie, n'a jamais reconnu sa responsabilité, affirmant qu'un tremblement de terre survenu deux jours plus tôt dans le centre de Java était à l'origine de la catastrophe. Cet argument est plausible.
Une tâche qui s'avère très difficile !
Les autorités et la société Lapindo Brantas tentent de gérer l'énorme chantier ouvert pour endiguer le flot fétide. Les équipements de pompage, qui sont endommagés par la vase épaisse, tombent en panne. Les digues doivent sans cesse être colmatées et surélevées pour faire face à l'extension du "lac" de boue. Ils ont essayé de colmater le volcan en jetant des centaines de boules de béton dans le cône. En vain. Depuis trois ans, cette région industrielle ne montre qu'un paysage de désolation.