Est-il encore nécessaire de vous rappeler le rôle essentiel tenu par les abeilles dans la pollinisation ? Non mais une petite... piqûre de rappel ne peut pas vous faire de mal.
Ce week-end, les apiculteurs lancent aussi leur appel en ouvrant leurs ruches pour fêter les abeilles qui finissent par se sentir mieux en ville qu'à la campagne, où les haies, les bosquets ou encore les petits bois sont parfois trop pollués.
Mes meilleures ennemies
Depuis des années, ces petites butineuses n'ont pas que des... amies : pesticides, frelon asiatique, dégradation de l'environnement ou Varroa destructor. Ce dernier est un parasite capable de dépeupler une ruche en quelques années.
La surmortalité attestée des abeilles dans de nombreux pays, de l'ordre de 30 à 35 %, est attribuée à une combinaison de nombreux facteurs. En France, les apiculteurs accusent les produits comme le Regent ou le Gaucho qui les ont parfois contraints à déménager pour sauver leurs ruches.
Garder les abeilles vivantes... une grande difficulté
Les exploitations apicoles bio ont doublé entre 2008 et 2009, mais leur production ne représente encore que 4,3 % des ruches. "Etre en bio, c'est avoir des zones de butinage un peu mieux protégées mais je ne me fais plus d'illusion. On a moins de dégâts mais on perd aussi des abeilles" nuance Patrick Peres, installé près de Nantes.
"L'abeille a un rayon de 3 kilomètres et elles vont au plus court : on ne maîtrise pas ce qu'elles font. Or elles doivent aller de plus en plus loin pour trouver un peu de diversité". "La grande difficulté c'est de garder les abeilles vivantes, en bio ou pas" conclut-il. "Si on n'était pas là pour maintenir le cheptel en vie, dans beaucoup de régions il n'y aurait plus d'abeilles depuis longtemps".
Le bonheur est-il dans la ville ?
Paris accueille plus de 400 ruches dans ses jardins et sur ses toits. Les colonies du Château de Versailles sont en pleine forme : les 300.000 abeilles du Hameau de la Reine ont produit 130 kilos de miel en 2009. Découvrez l'info en cliquant ici. Lyon en compte plus d'une centaine.
Lille multiplie les initiatives
La ville possède aujourd'hui 70 ruches dans ses parcs, ses jardins et même sur le toit de son opéra. La municipalité s'est aussi engagée à planter au moins 50 % d'espèces mellifères dans ses parcs. "La pollinisation de plus de 80 % des fruits et légumes dépend de l'existence des abeilles. Il est donc indispensable de former, d'éduquer, de sensibiliser et de changer nos pratiques pour éviter une catastrophe irréversible" souligne Aurélie Duponchelle, animatrice nature de la ville de Lille. Et elles s'y plaisent ! Depuis trois ans, 150.000 abeilles ont pris leurs quartiers dans cette ville du Nord. La production annuelle est d'environ 50 kilos de miel.
Une étude réalisée par les services vétérinaires de Nantes montrait que le rendement des ruches du Théâtre Graslin, en plein centre-ville, était supérieur à celui de la rase campagne et surtout que les pertes ne représentaient que 6 % par ruche, contre 35 % en plein champ. Cliquez ici pour découvrir le programme des manifestations ApiDays