La "décapitation des montagnes" américaines pour exploiter le charbon ne détruit pas seulement l'écosystème mais également le tissu économique des régions affectées, a récemment affirmé la comédienne Ashley Judd.
Appuyée par l'Agence américaine de protection de l'environnement, l'actrice a dénoncé un "génocide écologique" et un "véritable viol des Appalaches", une chaîne de montagnes se trouvant dans l'est des Etats-Unis.
En cours depuis les années 1980, la technique dite de "décapitation" consiste à faire exploser les sommets de cette très ancienne chaîne pour en récolter la houille dans d'immenses chantiers à ciel ouvert.
Une méthode très controversée
En effet, le nuage de poussières nocives dégagé lors des explosions et les débris de roches déversés dans les vallées polluent les rivières. De nombreux ruisseaux ont été contaminés au sélénium, obligeant les habitants à des mesures de prudence alimentaire. Par ailleurs, "la faune et la flore sont durement détruites par endroits" a regretté Ashley Judd, tout en remarquant que les énergies fossiles ne pourraient assurer l'avenir économique de la région.
Les partisans de ce type d'extraction, comme l'Association houillère de Virginie-Occidentale, défendent une industrie qui "produit beaucoup d'énergie pour la région et le monde entier".
Les Etats-Unis comptent sur la production charbonnière du pays, principalement dans les Etats du Kentucky, de Virginie-Occidentale et du Tennessee, pour produire 50 % de leur électricité.
L'an dernier, l'administration du président Barack Obama a annoncé un plan pour restreindre l'obtention des permis miniers, tout en protégeant les ruisseaux et rivières afin de préserver les écosystèmes menacés.