L'Uruguay a réaffirmé que l'usine de cellulose construite sur un fleuve frontalier avec l'Argentine ne polluait pas lors de la dernière audience consacrée à ce différend devant la Cour internationale de justice !
"Aucun préjudice n'a été causé au fleuve" Uruguay, contrairement à ce que prétend l'Argentine, a assuré un représentant de Montevideo, l'avocat américain Paul Reichler. Pourtant depuis la mise en route de l'usine à Fray Bentos en 2007, les riverains ont vu des algues toxiques se multipliaient sur plusieurs kilomètres. Les odeurs sont insupportables et le rejet de polluants est important. Les habitants craignent pour leur santé.
Paul Reichler a réponse à tout
L'usine du papetier finlandais Botnia "ne rejette pas de dioxines (...) et respecte les normes de qualité de l'eau" a ajouté Paul Reichler. Quant à l'effloresence d'algues toxiques attribuée par Buenos Aires à Botnia, "c'est un phénomène qui se reproduit chaque année" et qui est étranger à l'usine, a-t-il insisté.
L'Argentine avait déposé le 4 mai 2006 une plainte contre Montevideo, lui reprochant d'avoir autorisé "unilatéralement" la construction de deux usines de cellulose au bord du fleuve Uruguay, sans respecter la procédure obligatoire d'information et de consultation préalable établie par un traité de 1975. A ce jour, une seule usine est sortie de terre.
Et si l'usine était déplacée ?
Le 14 septembre, Buenos Aires avait accusé l'Uruguay de causer des "dommages irréversibles à l'écosystème" du fleuve et d'avoir choisi un "site totalement inapproprié", dans une région où la pêche et le tourisme sont des activités importantes.
Elle avait demandé que l'usine soit déplacée vers "un emplacement moins préjudiciable". Mais cette demande est "radicalement disproportionnée", selon Montevideo. La Cour internationale de justice, principal organe judiciaire des Nations unies, a mis son jugement en délibéré. Une décision est attendue début 2010.