Après la mort, la semaine dernière, d'un cheval sur une plage bretonne, le débat sur le danger des algues vertes semblent relancer. Jeudi, une note publiée par un médecin et un toxicochimiste du CNRS, souligne que plusieurs études récentes ont montré la présence de gaz toxiques dans les tas d'algues vertes en décomposition sur des plages des Côtes d'Armor, parfois à des taux pouvant entraîner... des troubles graves.
De même, deux chiens sont morts en juillet 2008 d' « asphyxie avec cyanose » sur des amas d'algues vertes sur la grève d'Hillion ( baie de Saint-Brieuc), et les autopsies avaient confirmé une intoxication respiratoire par des gaz « à des doses assez élevées pour tuer simultanément deux chiens, en très peu de temps », précisent les deux chercheurs.

Les algues vertes dégagent des gaz toxiques qui peuvent être mortels
Des mesures effectuées par le Centre d'études et de valorisation des algues (CEVA), en 2008, ont prouvé que les concentrations de sulfure de dihydrogène (SH2), particulièrement toxique, « peuvent dépasser 500 ppm (partie par million) lors d'un dégagement gazeux provoqué par la rupture des croûtes d'algues en décomposition ».
Or, « à ce niveau, des troubles graves - notamment une perte de connaissance brutale - susceptibles d'entraîner rapidement la mort peuvent survenir chez l'homme », précisent les deux scientifiques du CNRS.
« La présence de sulfure de dihydrogène (SH2) dans les amas d'algues vertes en décomposition est avérée et mesurée en bord de plage », rappellent les deux scientifiques, qui font également référence à plusieurs autres études menées par Air Breizh (organisme agréé pour la surveillance de la qualité de l'air en Bretagne). L'une de ces études affirme que « des dépassements des valeurs-guides de l'OMS (Organisation mondiale de la santé) sont régulièrement observés pour le sulfure d'hydrogène » à Hillion, depuis 2005.