L'affaire a de quoi être prise au sérieux. Avec la multiplication, ces derniers temps, des cas de bactéries résistantes à quasiment tous les antibiotiques, majoritairement chez des personnes qui s'étaient faites soigner à l'étranger : "Les autorités sanitaires françaises devraient bientôt annoncer que tous les patients hospitalisés à l'étranger, quel que soit le pays, et rapatriés dans un hôpital français seront testées pour dépister des bactéries résistantes type NDM1", a expliqué le Pr Patrice Nordmann, directeur de l'unité de recherche Inserm "Résistances émergentes aux antibiotiques", qui est un centre d'expertise internationale.
Ces
bactéries possèdent un gène qui permet la production d'une enzyme dite "New Delhi métallo-bêta-lactamase" (NDM-1) qui inactive la plupart des
antibiotiques : pénicillines, céphalosporines, carbapénèmes, ces derniers étant habituellement réservés
aux infections les plus graves.
Des tests de dépistage " déjà pratiqués en France "
Outre l'Inde, ces surperbactéries découvertes en Suède chez un patient qui avait préalablement été hospitalisé en Inde, ont été détectées au Pakistan et au Royaume-Uni, en Belgique (2 cas d'infections dont un mort), aux Pays-Bas, au Canada (3 cas), aux Etats-Unis (3 cas), en Australie (4 cas), au Kenya (6 cas), à Oman (2 cas), en Allemagne (1 cas) et même en France (une femme porteuse), selon ce spécialiste.
"Avant même que n'émerge cette forme de résistance aux antibiotiques dans le sous-continent indien, on pratiquait déjà en France des tests pour dépister les bactéries résistantes aux antibiotiques chez tous les patients à risque admis en réanimation à l'hôpital. Et, s'ils étaient porteurs, on les isolait pour éviter une transmission aux autres malades", précise cet expert. Il indique avoir mis au point un test pour dépister le nouveau gène de résistance aux antibiotiques, qui sera diffusé dans les autres hôpitaux.