La commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale a adopté mercredi, à l'unanimité, une proposition de loi destinée à suspendre la commercialisation de biberons produits à base de bisphénol A. Le texte sera discuté en séance publique le 17 juin.
Fin mars, il a déjà été adopté à l'unanimité par le Sénat. L'interdiction de la vente de biberons contenant du bisphénol A a été intégrée, par le biais d'un amendement, au Grenelle II.
La majorité UMP a refusé d'étendre l'interdiction à tous les plastiques alimentaires, en repoussant notamment l'amendement de Gérard Bapt.
Le députe PS souhaitait faire interdire à partir du 1er janvier 2012 tous les "contenants alimentaires", de manière à protéger les mères.
Ce médecin citait une étude de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments selon laquelle "l'intoxication du nourrisson est générée 10 fois plus par le lait maternel et 20 fois plus par le lait maternisé que par le biberon lui-même".
La date de 2012 "aurait laissé aux industriels le temps de développer des substituts, comme c'est le cas aux USA" a regretté Gérard Bapt.
Edwige Antier (UMP) et Jean-Luc Préel (Nouveau Centre) ont déposé des amendements similaires, également repoussés.
"La commission n'a donc traité qu'une infime partie de la grave question de l'intoxication du jeune enfant par le bisphénol A" a estimé Gérard Bapt, en citant les exemples du Canada, des Etats du Connecticut et de Washington (Etats-Unis), du Danemark et du Costa Rica, qui "ont pris des mesures d'interdiction générale". En France, de nombreuses communes, comme Paris ou Besançon, ont suspendu l'utilisation de biberons au bisphénol A dans leurs crèches.