Des chercheurs américains ont mis au point un vaccin qui montre des effets protecteurs chez les primates contre le virus du chikungunya. Ce produit biologique est fait à partir des protéines qui composent la pellicule extérieure du virus, et non, comme les vaccins, à partir de virus inactivé.
Les chercheurs ont inoculé le vaccin à des macaques, qui ont développé des anticorps.
Pour mieux comprendre le mécanisme de protection chez les singes, ils ont transféré les anticorps chez des souris immunodéficiences, particulièrement susceptibles d'attraper la maladie, et ont constaté qu'elles étaient parfaitement protégées de cette maladie, qui a contaminé des millions de gens au cours des dernières années.
Ces chercheurs reconnaissent qu'il faudrait corroborer ces résultats chez des humains mais ils estiment que ce produit "a le potentiel d'avoir un impact considérable sur la propagation de la maladie" et sur celle de la famille des alpha-virus, à laquelle appartient le chikungunya. Il pourrait "servir de base" à la mise au point d'"un vaccin sûr et efficace pour les êtres humains" considèrent Gary Nabel, du National Institute of Health, et son équipe.
Le chikungunya, un virus transmis par les moustiques, a été isolé pour la première fois en Tanzanie en 1952 et est réapparu au Kenya en 2004.
La maladie se caractérise par des symptômes ressemblant à ceux de la grippe : une forte fièvre, des courbatures et des douleurs aux articulations qui peuvent durer des mois, voire plusieurs années.
Une épidémie, apparue à la Réunion en 2005, a touché 266.000 personnes et fait 250 morts. Elle s'est depuis élargie à 18 pays.