Le Chikungunya avait fait beaucoup parler de lui lors de la très sérieuse épidémie sur l'île de la réunion fin 2005 début 2006. Cette île dans l'océan indien avait vu plus de 20 % de sa population touché par cet arbovirus transmis par le moustique du genre aèdes, 250 personnes en étaient mortes.
Cette fois, c'est la nouvelle Calédonie qui pourrait être fortement touchée par le Chikungunya. Ainsi, les autorités sanitaires de l'île ont lancé une alerte face à un risque d'épidémie imminente de Chikungunya. Cette alerte fait suite au diagnostic jeudi d'un premier cas autochtone de contamination par ce virus en Nouvelle-Calédonie. Ce cas a été détecté moins d'une semaine après la révélation du premier cas de la maladie vraisemblablement importée d'Indonésie.
"Le chikungunya n'ayant jamais sévi sur le territoire, la population est totalement naïve face à la maladie, c'est-à-dire qu'elle n'est pas immunisée. On sait par ailleurs qu'un cas index de chikungunya génère en moyenne trois cas secondaires. La propagation peut donc aller très vite", a expliqué le Dr Jean-Paul Grangeon, chef du service des actions sanitaires au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
La prévention avant tout
Une action de prévention d'urgence a été engagée sur toute la Nouvelle-Calédonie. 10.000 dépliants d'information ont été distribués à la population depuis le début de la semaine, les opérations d'épandage d'insecticides ont été renforcées, et 20.000 lotions anti-moustiques ont été distribuées via le réseau des médecins généralistes.
L'objectif est d'enrayer la progression du chikungunya le plus rapidement possible pour éviter que le risque épidémique ne devienne permanent à l'instar de la dengue, un virus proche transmis par le même vecteur. "Nous ne pourrons stopper l'épidémie qu'à deux conditions: premièrement que les Calédoniens se montrent responsables en se protégeant des piqûres du moustique vecteur, le fameux aedes egipsy, et deuxièmement qu'ils fassent preuve de sens civique en détruisant les gîtes larvaires", insiste le Dr Grangeon.