Les parlementaires jugent indispensable de renforcer l'expertise et la connaissance des impacts sanitaires et environnementaux de la chlordécone.
La chlordécone est un pesticide utilisé pendant près de 20 ans aux Antilles (de 1972 à 1993) pour protéger les bananes, mais dont la persistance dans les sols peut atteindre jusqu'à... 7 siècles !
Revoir la cartographie des zones contaminées
Il s'agit à la fois d'établir une cartographie référencée des zones contaminées en Martinique et en Guadeloupe, mais aussi d'étudier l'éventuelle contamination des eaux marines et des nappes phréatiques, laissées à l'écart du Plan chlordécone lancé en 2008.
« La cartographie a été mal faite sur terre et pas faite du tout en mer, or certains poissons et crustacés peuvent être contaminés » explique Catherine Procaccia, sénateur UMP du Val-de-Marne, corapporteur, avec le député (PS) Jean-Yves Le Déaut (Meurthe-et-Moselle), du rapport sur "Les pesticides aux Antilles, bilan et perspectives d'évolution".
Pour M. Le Déaut, « le système d'analyse en cours aux Antilles est trop lent et trop coûteux », car il suppose l'envoi des échantillons en métropole. Selon lui, « il faut renforcer la science, la mise en place d'un pôle scientifique d'expertise aux Antilles ».

Agir contre ce pesticide
Les deux rapporteurs de l'Office parlementaire jugent également indispensable d'engager la dépollution des sols, soit par des méthodes industrielles, soit par moyens naturels.
Sur le plan sanitaire, Mme Procaccia et M. Le Déaut suggèrent d'établir des taux sanguins de référence pour mesurer l'imprégnation de la population. Deux études épidémiologiques sont aussi en cours ; celle sur les cancers de la prostate sera publiée en juillet
Selon les deux parlemeantaires, une conférence de consensus d'experts permettrait enfin de fixer les "limites maximales de résidus" (LMR) acceptables de chlordécone.