Selon une étude, publiée lundi dans les PNAS (Proceedings of the National Academy of Science), le paludisme, qui affecte chaque année 500 millions de personnes dans le monde, pourrait avoir été initialement transmis à l'homme... par le chimpanzé.
Les origines du paludisme, dont le vecteur est un moustique, restaient jusqu'à présent mystérieuses, même si les chercheurs avaient noté de grandes similitudes entre le parasite qui en est la cause (Plasmodium falciparum) et un parasite affectant les chimpanzés (Plasmodium reichenowi).

Trois hypothèses pour expliquer cette similitude :
Selon une première hypothèse, les deux parasites auraient évolué à partir d'un ancêtre commun, puis se seraient différenciés en même temps que leurs hôtes, il y a 5 à 7 millions d'années: les hominidés d'un côté, les chimpanzés de l'autre.
Selon une deuxième hypothèse, le parasite serait d'origine humaine et aurait été transmis au chimpanzé, avant d'évoluer de manière différente.
Mais les auteurs de l'étude penchent pour une troisième possibilité, suite à la découverte et à l'analyse de nouveaux parasites du paludisme prélevés sur des chimpanzés sauvages du Cameroun et de Côte d'Ivoire. Selon eux, c'est le parasite du chimpanzé qui aurait été transmis à l'homme, et aurait ensuite subi des mutations génétiques.

Les chercheurs suggèrent que cette transmission à l'homme pourrait avoir eu lieu en une seule occasion, il y a plusieurs dizaines (voire centaines) de milliers d'années (comme pour les pandémies modernes, qu'il s'agisse du sida ou de la pneumopathie atypique (SRAS)).
Toutefois, les auteurs de l'étude préviennent que l'empiètement humain de plus en plus important constaté de nos jours sur les derniers habitats du chimpanzé dans les forêts d'Afrique équatoriale « conduit à un plus grand risque de transfert de nouveaux pathogènes, y compris de nouveaux parasites du paludisme » à l'homme.