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22 juin 2009 -
16h01 :
Quand les bactéries font de la résistance
[ SANTE ]

L'ampicillineDes bactéries humaines, qui résistent à six antibiotiques comme la tétracycline, la streptomycine et l'ampicilline, se diffusent dans l'environnement hors des hôpitaux et posent "un enjeu majeur de santé publique".
Selon les chercheurs français et suédois, l'étude porte sur les goélands leucophées car ces oiseaux sauvages peuvent être considérés comme des bio-indicateurs de l'état de l'environnement.
"On observe de manière inquiétante une diffusion de ces bactéries résistantes en dehors du cadre hospitalier. L'homme peut être désormais exposé à ces infections dans des environnements non cliniques" selon le centre de recherche de la Tour du Valat.

GoélandPourquoi avoir choisi les goélands ?

Les goélands sont porteurs "de taux élevés de bactéries Escherichia coli produisant des beta lactamases à spectre étendu de type CTX-M et de variants humains présents dans les hôpitaux de cette région (littoral méditerranéen).
Les analyses génétiques indiquent une transmission de l'homme à la faune sauvage à plusieurs reprises" souligne les chercheurs.

Les premiers CTX-M ont été identifiés en 1989 et repérés en France dans les hôpitaux au début des années 2000, notamment dans le Nord. Dans la région du Sud-Est, qui utilise beaucoup d'antibiotiques en médecine humaine et vétérinaire, les niveaux sont relativement élevés. Les CTX-M y ont été repérés dès 2004 dans plusieurs hôpitaux.

"Le haut niveau de résistance général observé dans cette étude est probablement le résultat d'une exposition directe ou indirecte de longue date aux activités humaines dans une région, entre Montpellier et Marseille, présentant une relativement haute pression antibiotique" relève les auteurs de cette étude.   "L'émergence de ces bactéries résistantes aux antibiotiques représente un enjeu majeur de santé publique. Les résultats posent aussi le problème de la persistance à long terme de ces bactéries dans l'environnement et de leur dissémination à une vaste échelle, alors qu'elles étaient auparavant limitées au milieu hospitalier. Un risque supplémentaire est la création dans l'environnement de creusets favorables au développement de nouveaux types de résistance" ont-ils ajouté.

Que faire pour limiter les risques ? les suggestions des chercheurs...

  • surveillance active des bactéries résistantes sélectionnées
  • utilisation optimale et raisonnée des antibiotiques
  • contrôle des effluents d'hôpitaux et d'élevage
  • contrôle des eaux usées municipales, tous contenant des bactéries porteuses de gènes de résistance contaminant l'environnement

Les oiseaux étudiés proviennent d'une colonie près de Port-Saint-Louis qui se nourrit essentiellement des poubelles de Marseille et d'une autre près d'Aigues-Mortes qui se nourrit plutôt en mer.


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