Un milliard d'êtres humains souffre de la faim et la crise financière est une menace supplémentaire pour la sécurité alimentaire mondiale. "La production de céréales a certes augmenté en 2008 mais cette progression est essentiellement le fait des pays développés et le nombre de personnes souffrant de la faim a augmenté de 40 millions en 2008 pour atteindre 973 millions l'an passé" a tristement constaté le patron de la FAO, Jacques Diouf.
Il faudra en effet se contenter d'un projet d'"Alliance globale" et de dons espagnols
Pour tenter de réduire voire d'éradiquer la faim dans le monde, une conférence internationale s'est tenue lundi et mardi à Madrid. Mais les représentants de 95 pays ont peiné à élaborer une "feuille de route". Dans l'immédiat, il faudra en effet se contenter d'un projet d'"Alliance globale" et de dons espagnols. L'Espagne a promis de verser un milliard d'euros sur cinq ans pour venir en aide aux pays les plus vulnérables. "Une quinzaine de pays se sont déjà engagés à verser un total de 5,5 milliards de dollars et l'Union européenne promet de mobiliser 1,3 milliard de dollars" a indiqué le chef de gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero.
L'alliance globale accueilli favorablement par Ban Ki-moon
L'idée française de "partenariat global", reprise par le gouvernement espagnol sous le terme "alliance globale pour l'agriculture et la sécurité alimentaire", a été accueillie favorablement par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. "Nous avons besoin d'une coordination plus efficace (...) avec des ressources financières nettement plus importantes".
Les pays présents à Madrid ont signé une "déclaration de Madrid" dans laquelle ils approuvent l'engagement de "consultations" pour établir cette "Alliance globale pour l'agriculture, la sécurité alimentaire et la nutrition". L'Alliance pourrait être formellement lancée lors d'un prochain sommet de la FAO pouvant se tenir en novembre.
Les réactions :
Le résultat de la réunion est assez désolant mais c'était prévisible. On a constaté une fois de plus que les engagements financiers pris à Rome n'ont pas été tenus dans leur grande majorité" a déclaré Ambroise Mazal (Comité catholique contre la faim et le développement). Il a ajouté : "J'espère que la future Alliance globale servira à remettre à plat le système en matière de lutte contre la pauvreté".
Où est le sens de l'urgence, où est l'argent ? Des gens meurent de faim mais nos leaders ne s'intéressent qu'à sauver un système financier irresponsable" a critiqué Sylvia Borren, co-présidente de l'Appel mondial contre la pauvreté.
Pour la directrice du Programme alimentaire mondial de l'ONU, Josette Sheeran, assurer la "sécurité alimentaire pour tous" est une "priorité non négociable".
"La récession économique mondiale fait aujourd'hui peser une menace supplémentaire en réduisant la capacité des pays du sud à mettre en place des mécanismes de protection sociale pour les plus vulnérables. La crise est plus que jamais d'actualité" a averti l'organisation humanitaire Oxfam.
Petit rappel :
Les pays membres de la FAO (agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture) s'étaient engagés à Rome à réduire de moitié d'ici 2015 le nombre de personnes souffrant de la faim, mais les promesses de financements adéquats n'ont pas ou peu été tenues.
Selon les experts, il faudrait entre 25 et 40 milliards de dollars par an pour assurer la sécurité alimentaire mondiale et mettre fin à la faim.