Le tribunal de Créteil examine aujourd'hui les conditions d'acheminement de colis contenant des échantillons de produits sanguins, dans le cadre d'un vieux dossier où l'Institut national de transfusion sanguine (INTS) est poursuivi.
L'INTS, ainsi que le laboratoire de diagnostics Orgenics PBS, ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel en tant que personnes morales pour "mise en danger d'autrui par violation manifestement délibérée d'une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence".

Retour sur les faits :
Le 7 octobre 1998, un colis contenant des produits sanguins contaminés par le virus du sida, envoyé par l'INTS à la filiale française du laboratoire Orgenics PBS à Courbevoie, avant sa réexpédition en Israël (où se trouve le siège du laboratoire), avait été écrasé par une palette à l'aéroport d'Orly, et les flacons qu'il contenait s'étaient brisés.
Un employé d'une société de transport, qui s'était coupé en le manipulant, avait été placé par précaution sous trithérapie pendant plusieurs mois, avant de savoir qu'il n'avait pas été contaminé par le virus du sida.
Une information judiciaire avait été ouverte pour examiner dans quelles conditions ce colis, qui ne portait pas d'étiquette mentionnant "substances infectieuses", était acheminé.
Anne-Marie Couroucé, ex-chef de l'unité de virologie transfusionnelle de l'INTS, a admis ce matin que, pour les envois sur le territoire national, les colis ne portaient pas l'étiquette "substances infectieuses", tout en assurant qu'ils "étaient faits de telle façon qu'ils remplissaient les conditions de sécurité". "Je ne savais pas que ce colis devait aller en Israël", ajoute t'elle.