Les ouvriers chargés des travaux de revêtement de chaussée ou de construction peuvent être exposés, par inhalation ou par contact cutané, aux fumées nocives du bitume chaud. Cette exposition est d'autant plus risquée car la température est élevée.
"Quelque 3 millions de tonnes de bitume chaud sont répandues chaque année sur les routes de France par les ouvriers. Ces bitumes, résidus de distillation du pétrole, contiennent des substances toxiques, en particulier des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), dont certains sont cancérogènes" selon l'Institut National de Recherche et de Sécurité.
Quels sont les risques ?
En France, 4.200 salariés sont directement exposés, sur une durée évaluée à 1000 heures par an, aux fumées de bitume, notait l'Institut dans ce point datant de 2003. Les fumées de bitume peuvent provoquer des irritations des yeux et de la gorge, des nausées... Des atteintes respiratoires (bronchite, emphysème, asthme) sont également indiquées.
Les HAP, principale source de toxicité chronique des fumées, pénètrent dans le corps à travers la peau (y compris à partir de vêtements imprégnés) et par voie respiratoire.
La co-exposition à ces fumées et aux ultraviolets, de même que la projection sur la peau de certains bitumes riches en hydrocarbures aromatiques polycycliques, peuvent être à l'origine de brûlures phototoxiques.
Les HAP peuvent être par la suite à l'origine d'une cancérisation des zones brûlées, relève une documentation du Centre interservices de santé et de médecine du travail en entreprise.
Les bitumes sont des produits complexes pouvant contenir divers additifs comme par exemple les fluxants, des produits destinés à fluidifier le bitume, comme l'huile de houille, riche en HAP, ou l'huile de colza, non toxique. Des fluxants houillers, cancérogènes avérés, ont été utilisés jusqu'en 2002, d'après la caisse régionale de l'assurance maladie des Pays de la Loire. Selon cette caisse, "de nombreux pays européens reconnaissent le cancer de la peau suite à l'utilisation du bitume comme une maladie professionnelle".
Risque de cancers : des études en cours
Divers composants peuvent être retrouvés dans les bitumes comme l'amiante (...) relève le Centre interservices de santé et de médecine du travail en entreprise.
Les liens entre cancers du poumon et bitumes n'ont pu être établis en raison de l'exposition possible à d'autres agents cancérogènes (goudron de houille, amiante...), selon l'Institut National de Recherche et de Sécurité, mais des études sont en cours.
Un procès intenté par la famille d'un ouvrier du bitume, mort en 2008 d'un cancer de la peau, pour "faute inexcusable" de son employeur (Eurovia, filiale du groupe Vinci). Le verdict en cliquant ici