Pour Antoine Flahault, directeur de l'Ecole des hautes études en santé publique, la pandémie de grippe porcine « est là », ce qui justifierait un passage, par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), au niveau d'alerte 6 « au plus tôt ».
Selon cet expert, le terme de pandémie pour la grippe implique « une extension géographique » du virus à plusieurs continents, « et la présence d'une nouvelle souche sur le plan immunitaire », contre laquelle les gens sont peu (ou pas) immunisés... c'est le cas pour le virus A (H1N1).
Pour M. Flahault, l'alerte 6 ne doit toutefois pas générer des « conséquences excessives et inappropriées », le H1N1 n'étant « pas le H5N1 de la grippe aviaire, il n'a pas la même virulence (H5N1 : 60% de mortalité) ni la même problématique ». Mais « il va falloir user de beaucoup de réactivité et de souplesse vis à vis de l'évolution de la situation ».

OMS : alerte 6 en vue ?
En plus du Mexique, foyer de l'épidémie (et le plus touché avec 108 décès), les Etats-Unis, le Canada, le Chili, le Costa Rica et la République dominicaine ont également enregistré des cas mortels.
L'OMS a hier dit être « très, très près » de déclencher le niveau 6 d'alerte pandémique maximum face au virus A(H1N1). 'OMS est toutefois très soucieuse d'éviter une panique injustifiée compte tenu de la virulence relativement faible actuellement du virus, équivalent à celui d'une grippe saisonnière.