Selon l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), le virus de la grippe porcine pourrait former un cocktail dévastateur avec celui de la grippe aviaire. L'OMS se maintient pour le moment en alerte de niveau 5 (sur une échelle de six degrés).

Le « calme avant la tempête » ?
« Le virus nous a peut-être accordé un répit, mais nous ne savons pas pour combien de temps », affirme le Dr Margaret Chan, directrice générale de l'OMS, devant l'Assemblée annuelle de l'OMS qui s'est ouverte lundi matin.
« Personne ne sait s'il ne s'agit pas du calme avant la tempête », insiste t'elle, en annonçant le maintien du niveau d'alerte au niveau 5 : « nous avons toutes les raisons de craindre des interactions du nouveau virus A(H1N1) avec d'autres virus », explique le Dr Chan, en évoquant la possibilité d'un échange de gènes avec le virus de la grippe aviaire, « aujourd'hui solidement établi chez les volailles dans plusieurs pays ».
Cette interaction pourrait donner naissance à un virus aussi hautement contagieux pour l'homme que le A(H1N1) d'origine porcine, et aussi virulent que le A(H5N1) aviaire.

Réfléchir avant de passer au niveau d'alerte 6
Plusieurs pays, notamment le Royaume-Uni, qui est actuellement un des pays européens les plus affectés par le virus, ont cependant demandé à l'OMS de ne pas se précipiter pour élever l'alerte à la pandémie à son niveau 6.
Le Dr Margaret Chan a le pouvoir de décider de l'alerte pandémique maximale après avoir consulté un comité d'experts. « Nous sommes tous sous pression pour prendre des mesures urgentes et d'importance dans une atmosphère marquée par une forte incertitude scientifique », reconnaît la directrice générale de l'OMS.
« Nous devons avertir les gens quand c'est nécessaire, et les rassurer quand c'est nécessaire: c'est un équilibre difficile », explique t'elle devant l'Assemblée.
La maladie a officiellement contaminé plus de 8.800 personnes dans 40 pays de la planète, tuant 74 personnes, dont 68 au Mexique.

L'apparition de foyers autonomes au Japon inquiète
L'apparition d'un nouveau foyer autonome, rapporté par les autorités japonaises, a fait monter la tension durant le week-end.
Depuis le passage à la phase d'alerte 5 le 29 avril (niveau signalant qu'une pandémie est « imminente »), l'organisation dit attendre des preuves d'un foyer de transmission, non lié à des voyages, dans une région autre que le continent américain d'où est parti le virus inédit de type A (H1N1).
Selon les critères de l'OMS, la situation au Japon pourrait alors, si elle se confirme, justifier le déclenchement du niveau 6 d'alerte maximale, annonçant l'apparition de la première grande pandémie grippale du 21e siècle.
Le niveau 6 d'alerte pandémique ne préjuge pas de la sévérité de la maladie, mais constate la propagation du virus sur la surface du globe.

Et le vaccin ?
Pour le Dr Chan, la production de vaccin contre la grippe saisonnière « doit continuer ».
« Nous nous battons sur les deux fronts. Je veux être sûre que les pays ont des réserves suffisantes de vaccins contre la grippe saisonnière », affirme le Dr Chan, en évoquant la possibilité que celle-ci soit finalement plus meurtrière que le virus A(H1N1).