Une étude montre que des millions de personnes pourraient avoir été infectées par le virus de la grippe H1N1 en présentant peu ou pas de symptômes, selon une étude réalisée par l'Unité des virus émergents de l'université Aix Marseille.
En étudiant l'état sérologique de femmes enceintes non vaccinées contre la grippe H1N1 dans leur premier trimestre de grossesse, les chercheurs ont pu établir que pour deux semaines données (du 23 novembre au 6 décembre) 10,6 % présentaient des anticorps témoignant d'une infection par le virus.
En admettant que le taux d'infection soit le même pour les 16,2 millions d'individus âgés de 20 à 39 ans en France métropolitaine, on en déduit que 1.712.000 pourraient avoir été infectés pendant la période par le virus.
En quinze semaines, 2,7 millions de personnes de tous âges et dont la fièvre était supérieure à 39° ont consulté en France, selon le réseau Sentinelles.
S'il y a bien cinq fois plus de personnes infectées que de personnes ayant consulté, on pourrait donc estimer que 13 millions de personnes auraient été atteintes, avec ou sans symptômes.
Pour l'Institut de veille sanitaire, "de par les différences attendues de séroprévalence en fonction de l'âge, il n'est pas possible d'extrapoler les résultats de cette étude à la population générale".
Cette étude a été publiée cette semaine dans la revue américaine en ligne "PLoS Currents : influenza. Elle a été conduite à l'initiative de l'Ecole des hautes études en santé publique que dirige l'épidémiologiste Antoine Flahault, cosignataire de l'étude.