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14 septembre 2010 -
11h00 :
H1N1 : la pandémie déclarée trop tôt en France
[ SANTE - GRIPPE H1N1 ]

le virus A (H1N1)Avant l'heure, c'est pas l'heure, après l'heure, c'est plus l'heure ! Une étude montre que la dernière pandémie de grippe A (H1N1) a été publiquement déclarée en France deux mois avant qu'elle n'arrive.

Quels sont les critères cliniques de la grippe en France ?

Sur le territoire français, les critères retenus pour définir cliniquement la grippe par les médecins généralistes sont une fièvre soudaine dépassant 39°C, des douleurs musculaires et des symptômes respiratoires, explique le Dr Jérôme LeGoff, du service de microbiologie de l'Hôpital Saint-Louis à Paris.
Basés sur ces critères, "les niveaux épidémiques du virus de la pandémie A(H1N1) ont été atteints durant la première semaine de septembre 2009. Or les analyses des laboratoires à travers le pays ne font  état que de détection sporadique de ce virus et ce jusqu'à fin octobre.

Seuls 16 % des patients infectés

Durant ces huit semaines, les chercheurs ont collecté et analysé 413 échantillons respiratoires et des informations cliniques prélevées sur des adultes et des enfants se trouvant dans les services d'urgence pour des symptômes grippaux. Les résultats sont les suivants : seulement 16 % de ces patients étaient infectés par le H1N1 tandis que d'autres virus, dont le plus souvent celui responsable du rhume, ont été trouvés chez 51 % de ces personnes.

Médecins"Il n'y avait aucune différence dans les symptômes cliniques entre les personnes infectées avec H1N1 et les autres virus" écrivent les auteurs. "Ces résultats montrent que les virus non responsables de la grippe, particulièrement celui du rhume (le rhinovirus), produisent très souvent des symptômes grippaux" ajoutent-ils.
C'est ainsi qu'une éclosion d'infection respiratoire virales peut mener à déclarer à tort une épidémie de grippe" constatent-ils. "Il y a une surveillance par les généralistes et dans les hôpitaux, et ce sont des indicateurs utiles, mais il faut aussi une détection des virus eux-mêmes" par des laboratoires, a expliqué le Dr Jérôme LeGoff. "

Un problème de communication sur l'existence d'une pandémie

Il y a eu un problème de communication a jugé ce virologue, tout en reconnaissant le bien-fondé du principe de précaution retenu alors par les autorités sanitaires. Mais le fait "d'informer le public d'une épidémie avant que les gens s'aperçoivent qu'il n'y a pas d'épidémie les amènent à ne plus croire vraiment personne" a estimé ce médecin.
Ce dernier a même ajouté que cette situation avait crée "la paranoïa du lobby industriel qui veut vendre ses doses de vaccin". "Ce problème de communication sur l'existence d'une pandémie était basé sur des informations partielles qui ne reposaient que sur des données cliniques, alors qu'il aurait fallu aussi utiliser des données virologiques" a insisté le chercheur. "Nous étions un certain nombre à l'avoir signalé mais bon, il y avait quelques cas en septembre et en octobre et la pandémie allait arriver, et cela était certain" a-t-il dit.


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