Une majorité de Français n'a pas jugé la gravité de la grippe pandémique H1N1 suffisante au regard des risques supposés des vaccins, montre une enquête menée l'automne dernier à l'occasion de la campagne de vaccination organisée par les pouvoirs publics. Seuls 17% des 2.253 adultes de 18 à 64 ans (échantillon réprésentatif) interrogés par internet du 17 au 25 novembre 2009 étaient déjà vaccinés (1,9%) ou avaient l'intention de le faire, selon cette enquête réalisée par des chercheurs de l'Inserm. On était alors à une semaine du pic épidémique, et la campagne de vaccination pour la population générale avait débuté depuis peu (12 novembre) dans des centres dédiés. Les doutes sur la sécurité des vaccins (71%) et les craintes des effets secondaires potentiels (68%) sont les raisons les plus évoquées par les personnes qui ont refusé la vaccination. A l'inverse, se protéger (74%) et protéger ses proches (69%) sont les principaux motifs qui ont poussé à la vaccination. La vaccination comme "acte civique" n'a rassemblé que 24% de suffrages. La majorité de la population française n'a pas associé la grippe A pandémique à un risque majeur pour la santé, selon les chercheurs. Seuls 35% des personnes l'ont jugée comme "une maladie sévère" ou "très sévère".

Vaccin ou pas ? Le paramètre de l'âge est important
Les groupes qui acceptaient le mieux le principe de la vaccination au moment de l'enquête étaient les hommes et les personnes ayant été vaccinées au moins une fois contre la grippe saisonnière dans les 3 dernières années. L'âge est également un paramètre important : les adultes de moins de 35 ans étaient les plus réticents face au vaccin. Enfin les femmes enceintes et les autres groupes à risque exprimaient une acceptabilité beaucoup plus forte de la vaccination (respectivement 38% et 35%). Les chercheurs ont par ailleurs étudié le rôle d'information des médecins généralistes, qui n'ont pu vacciner à leur cabinet qu'à partir de février. Près de 60% des personnes ayant reçu une recommandation médicale en faveur de la vaccination se déclaraient prêtes à se faire vacciner. "Lorsqu'on sait qu'au moment de l'enquête, 75% des Français déclarent avoir consulté leur médecin généraliste au cours des 6 derniers mois, on peut rapidement comprendre le rôle d'information important que les médecins généralistes peuvent jouer dans ce type de pandémie", a déclaré Jean-Paul Moatti, directeur de l'unité Inserm qui a mené l'étude.