Sans parler de "certitudes", des experts de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale ont pu mettre en relation la progression de certains cancers et tumeurs cérébrales et hémopathies malignes (dont les leucémies) et des facteurs environnementaux.
Ces agents physiques, chimiques ou biologiques, retrouvés dans l'atmosphère, l'eau, les sols et l'alimentation peuvent être cancérogènes "avérés" ou seulement "débattus", si les indications de cancérogénicité sont trop limitées.
Dans un rapport scientifique, ils constatent que les pesticides, le radon, les particules ultra-fines, échappées des filtres des moteurs à diesel, ou les examens radiologiques répétés jouent un rôle avéré ou suspecté dans la survenue de cancers du sein, du poumon, de testicule, de la prostate, de l'ovaire, de la thyroïde ou encore de la plèvre ou encore de tumeurs.
Les pesticides : des soupçons "forts" et "répétés"
Les pesticides, trouvés dans l'alimentation, l'eau de boisson, l'air, sont qualifiés de facteur "débattu" pour huit des neuf cancers étudiés (à l'exception de la plèvre).
Les études sont souvent imprécises, notamment sur la quantité d'exposition aux pesticides, mais les soupçons sont "forts" et "répétés".
En revanche, l'impact des radiations ionisantes est avéré pour nombre de cancers : poumon, leucémie, thyroïde, sein, tumeurs cérébrales... Entre1983 et 1996, le nombre d'examens radiologiques a augmenté de 10% et la dose moyenne par examen de 20%, soulignent les chercheurs.
L'amiante responsable des cancers du poumon et de la plèvre
La responsabilité de l'amiante est avérée pour le cancer du poumon et de la plèvre.
Selon l'épidémiologiste, Isabelle Stücker, l'amiante jouerait aussi un rôle dans le cancer du larynx, qui ne faisait pas partie des cancers étudiés.
Le rôle du radon, avéré pour le cancer du poumon, est "débattu" pour les leucémies. Ce gaz radioactif d'origine naturelle, est produit par la désintégration de l'uranium présent dans la croûte terrestre. Ce gaz a touché particulièrement les mineurs d'uranium. Les mines sont aujourd'hui fermées (depuis 2001) mais il continue de faire des dégâts dans des maisons ou des bâtiments publics.
Tabac, pollution, particules fines = danger pour l'enfant
L'enfant n'est pas épargné ! Le rôle du tabac passif est "débattu" pour les tumeurs cérébrales.
La pollution du trafic automobile et les champs électriques et magnétiques pourraient être à l'origine de la leucémie.
Les particules fines des moteurs diesel, qui viennent se loger dans les alvéoles pulmonaires, peuvent déclarer des cancers du poumon.
A partir de cette enquête, les chercheurs de l'Inserm recommande de
- réduire l'exposition aux particules ou aux pesticides
- noter sur un carnet individuel les doses de radiation absorbées lors de radios
- renforcer les mesures de terrain
Des questions en suspens
Concernant les effets des expositions à faible dose, qui concernent une grande partie de la population, et ceux des expositions croisées, les risques sont difficiles à apprécier.