Comme vous avez déjà pu le constater, les antibiotiques ne sont pas toujours efficaces contre les agents pathogènes qu'ils doivent en principe combattre. Une nouvelle étude américaine a permis de franchir une nouvelle étape dans la compréhension du phénomène dit de résistance...
...Cette étude montre que le monoxyde d'azote, une molécule composée d'un atome d'azote et d'un atome d'oxygène, pourrait jouer un rôle important dans la résistance d'agents pathogènes aux traitements antibiotiques.
D'après cette étude, le monoxyde d'azote est capable de réduire l'impact de nombreux antibiotiques en aidant les bactéries à neutraliser de nombreux composants antibactériens.
"Nous n'avons pas besoin d'inventer de nouveaux antibiotiques"
"Développer de nouveaux médicaments pour combattre les bactéries résistantes aux antibiotiques (...)est un énorme défi impliquant des coûts élevés et de nombreuses questions de sécurité" souligne Evgueny Nudler, professeur de biochimie au Centre médical Langone de l'université de New York.
"Là, nous avons un raccourci, car nous n'avons pas besoin d'inventer de nouveaux antibiotiques. A la place, nous pouvons renforcer l'action de ceux que nous connaissons bien, en les rendant plus efficaces à des doses moindres" explique le chercheur.
Alors que le monoxyde d'azote (NO) était considéré comme un gaz toxique polluant, une étude effectuée dans les années 1980 a montré qu'il pouvait aussi jouer un rôle physiologique chez les mammifères.
Des découvertes déjà effectuées ont montré qu'il intervenait dans de nombreuses activités, allant de l'apprentissage et la mémoire à la régulation de la pression sanguine en passant par l'érection, la digestion ou la lutte contre les infections et le cancer.
Evgueny Nudler et ses collègues avaient déjà montré il y a quelques années que des bactéries inoffensives utilisaient le monoxyde d'azote pour lutter contre l'oxydation bactérienne. Cette nouvelle étude montre que le monoxyde d'azote combat l'effet de nombreux antibiotiques contribuant à l'oxydation bactérienne qui conduit souvent à leur destruction.
Le saviez-vous ?
Le NO est le monoxyde d'azote, mélange d'oxygène et d'azote qui est rejeté par tout individu.
L'étude suggère
Les scientifiques pourraient très bien utiliser des inhibiteurs de la NO-synthase, une enzyme qui produit du monoxyde d'azote dans les bactéries et dans l'organisme humain, afin de rendre les bactéries résistantes aux antibiotiques plus sensibles à l'action des médicaments existants.
L'étude est parue la semaine dernière dans le magazine Science.